Formation Hypnose Medicale

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La formation en hypnose médicale et EMDR centrée sur la douleur chronique et la douleur aiguë à Paris
Mis à jour : il y a 14 min 52 sec

Préparer le patient à une intervention grâce à l’hypnose.

jeudi 14 mai 2026 - 21:57
Dr Virginie Marchal, Médecin anesthésiste. 10ème Congrès Hypnose Douleur. La préparation d’un patient à une intervention chirurgicale constitue une étape déterminante de la prise en charge anesthésique. L’hypnose, intégrée dans la pratique quotidienne, représente un outil précieux pour accompagner le patient tout au long de son parcours.

La consultation préopératoire est un moment clé. Elle permet d’instaurer une alliance thérapeutique solide et de créer un climat de confiance. L’objectif est d’évaluer le niveau d’anxiété, de délivrer une information claire, détaillée et rassurante, et de proposer un accompagnement personnalisé. Différentes approches hypnotiques peuvent être mobilisées selon les besoins. Cela peut prendre la forme d’une séance formelle de préparation ou d’une communication adaptée intégrant des techniques hypnotiques dans les échanges. Il s’agit de favoriser des représentations positives et sécurisantes, de mobiliser les ressources intérieures du patient et de l’impliquer activement dans sa prise en charge.

Cette implication contribue à réduire le stress, à renforcer le sentiment de sécurité et à soutenir une réhabilitation postopératoire plus rapide et confiante. L’intégration de l’hypnose dans la pratique professionnelle ne se limite donc pas à un outil supplémentaire : elle s’inscrit dans une démarche globale d’accompagnement, où la qualité de la communication et la valorisation du rôle actif du patient occupent une place centrale.

Objectifs :
• Proposer une préparation hypnotique pour une intervention chirurgicale
• Intégrer l’hypnose dans un protocole de RAAC (Réhabilitation Améliorée Après Chirurgie)
• Savoir mettre le patient en action dans son parcours de soin

Sources: Institut Emergences Rennes.

Lien thérapeutique en anesthésie et réanimation.

jeudi 14 mai 2026 - 21:53
Dr Hina Nabil, Médecin anesthésiste, 10ème Congrès Hypnose Douleur. La relation thérapeutique entre un soignant et le patient est un élément clé de la prise en charge des patients. En effet, de nombreuses preuves attestent désormais de l’intérêt de créer un lien avec le patient source de confiance, de coopération et donc d’un meilleur suivi des propositions, des stratégies, des traitements et, in fine, d’une meilleure santé. En anesthésie, la consultation se déroule, dans la majorité des cas, par un positionnement passif du patient, où seul le recueil d'informations par le médecin semble utile. Cette posture conduit à "chosifier" le patient et crée une distance, source d’incompréhension vis-à-vis des enjeux de confort et de sécurité pour le patient au bloc opératoire.

Cette incompréhension empêche la création d’un lien thérapeutique entre le patient et le praticien ainsi que l’ensemble de l’équipe d’anesthésie. De fait, l’anesthésie devient une chose obscure, froide et distante alors que cette singularité de la perte de conscience devrait être source d’une confiance entière et complète dans les intentions de l’équipe en charge. Cette dissonance conduit à l’inquiétude, la peur et souvent l’angoisse qui apparait avant le bloc opératoire. De nombreux patients rapportent être bien plus inquiets de l’acte anesthésique que de l’acte chirurgical.

La consultation d’anesthésie est donc un lieu singulier où la relation thérapeutique laisse une place aux enjeux et attentes de ce dernier afin de coopérer à la sécurité de sa prise en charge. Cette relation thérapeutique se fait dans son intérêt mais apporte un bénéfice à l’ensemble des équipes qui le prendront en charge au bloc opératoire grâce à un patient au clair vis-à-vis des intentions des personnes qui assureront sa prise en charge.

Au travers de vidéos, d’une revue des recommandations et d’un point sur les outils pour se synchroniser aux patients, nous aborderons l’importance d’une consultation d’anesthésie centrée sur le patient.


Sources: Institut Emergences Rennes.

Anesthésie-Réanimation: et si la relation thérapeutique changeait tout.

jeudi 14 mai 2026 - 21:49
Dr Hina Nabil, Médecin anesthésiste. 10ème Congrès Hypnose Douleur. La relation thérapeutique en anesthésie peut sembler, en première intention, assez superficielle. En effet, la rencontre entre le patient et le médecin est généralement unique, brève et pour un acte qui, par ailleurs, va conduire à une perte de contact, voire à une déconnexion complète avec l’environnement, rendant a priori la relation assez superflue.

En réalité, l’acte anesthésique, par sa singularité, crée un contexte psychique propice à l’état de transe, à la dissociation et parfois aux souvenirs traumatisants pour les patients. Tout est réuni dans le milieu hostile d’un bloc opératoire pour installer l’insécurité chez les patients : personnels multiples, masqués, non reconnaissables, absence des repères (lunettes, appareils auditifs retirés, position allongée), situation de danger liée à la chirurgie et à l’anesthésie explicitement signalée dans les documents d’information, jargon technique…

Dans ce contexte, les patients sont extrêmement suggestibles (positivement ou négativement) et la création d’un lien est en réalité indispensable pour rendre ce moment le plus positif possible dans le vécu du patient et limiter les impacts délétères d’un mauvais lien thérapeutique. Grâce à des techniques élémentaires de communication thérapeutique, il est possible de montrer aux patients notre compréhension de la situation pour eux et notre intentionnalité à les aider. En réalité, la relation thérapeutique entre un anesthésiste et son patient est très facile à réaliser dès lors que l'on a l’intention de l’installer.

Prendre le temps de ratifier, de se synchroniser, de créer le lien améliore le vécu et simplifie par la suite toute la prise en charge. C'est un investissement dans le futur du patient.

Sources: Institut Emergences Rennes.

Hypnose en kinésithérapie: le confort retrouvé.

dimanche 10 mai 2026 - 20:16
10ème Congrès Hypnose Douleur. Caroline Marec et Gwladys Chandard, Kinésithérapeutes. L'apport de l'hypnose en kinésithérapie: vers une rééducation plus confortable, plus efficace et centrée sur l'expérience du patient Pendant des années, nous avons pratiqué le métier de kiné avec parfois des situations cliniques complexes: douleurs persistantes, appréhension du patient face aux mobilisations douloureuses, résistances corporelles ou émotionnelles ou encore fatigue psychologique liée à des parcours de soins longs...

Il nous manquait ce petit plus qu'est l'hypnose thérapeutique: utilisée de manière formelle ou informelle, cette souplesse d'utilisation la rend particulièrement compatible avec les contraintes du cabinet et les exigences de la pratique quotidienne. Nous aimerions vous présenter, avec des cas cliniques, comment nous avons intégré cette nouvelle pratique dans notre métier.

La douleur est l'un des principaux motifs de consultation freinant les gains en mobilisation, en récupération fonctionnelle et en adhésion du patient au traitement. L'hypnose en diminuant l'intensité perçue de la douleur, en réduisant l'anxiété liée à cette douleur et en augmentant le sentiment de contrôle du patient, permet à ce dernier d'observer qu'un changement est possible, de le sortir de la chronicité et de le rendre plus actif dans sa participation.

La douleur n'est alors plus vécue comme une contrainte imposée, mais comme une sensation modulable. Qui dit moins de douleur... dit alors plus de... confort!

Sources: Institut Emergences Rennes.

Apaiser la souffrance mentale après l’annonce de soins palliatifs.

dimanche 10 mai 2026 - 20:08
10ème Congrès Hypnose Douleur. Magali Granger et Cécile Lermenier. En hématologie, l’accompagnement des patients en soins palliatifs est une réalité quotidienne. La majorité de ces patients arrive à cette phase ultime après avoir parcouru un long chemin. Ils ont bénéficié de plusieurs lignes de traitements jusqu’à ce que l’arsenal thérapeutique ne soit plus efficace. L’échec définitif est alors annoncé conduisant à l’annonce de soins palliatifs.

Les patients ressentent alors une véritable souffrance mentale, souvent verbalisée par des mots puissants illustrant une sensation de fracture corporelle. Les métaphores employées par le patient sont très fortes, et l’on peut entendre « la terre s’est ouverte sous mes pieds, je n’arrivais plus à entendre ».

L’hypnose dans ce contexte s’avère être un outil très utile pour accompagner, et surtout adoucir, et apaiser cette souffrance. Elle permet d’orienter la réflexion du patient, et de le mettre en mouvement vers un chemin du possible. Dans cet atelier, nous partirons d’exemples concrets, de films, et nous pourrons aussi apporter des exemples de prise en charge collective réunissant le patient et son aidant.

Objectifs :
• Aborder le contexte d’annonce de soins palliatifs.
• Développer la relation et la communication thérapeutique avec le patient en phase palliative.
• Créer du mouvement dans la relation patient-aidant, permettre aux proches de s’attacher, de se réattacher avant de se séparer • Construire la sécurité dans l’attachement.
Sources: Institut Emergences Rennes.

Dyspareunies: accompagner les patient.e.s avec l’hypnose et l’imaginaire partagé.

jeudi 7 mai 2026 - 20:12
10ème Congrès Hypnose Douleur. Géraldine Garon, IADE. Les dyspareunies féminines ou masculines constituent une problématique fréquente et complexe, où se mêlent douleurs corporelles, anticipation anxieuse, évitement du contact et vécu de honte. L’accompagnement des personnes souffrant de dyspareunies nécessite une attention particulière à la création d’un climat de sécurité relationnelle et à la manière dont la plainte est abordée dans l’espace thérapeutique.

L’hypnose, par le recours à l’imaginaire partagé, offre un cadre particulièrement pertinent pour accompagner ces patient·e·s. La coconstruction d’une forme métaphorique du problème permet une mise à distance du symptôme, tout en ouvrant un accès au registre symbolique et aux ressources de la personne.

Cette approche indirecte favorise l’alliance thérapeutique, soutient la régulation émotionnelle et permet de questionner autrement l’expérience douloureuse. L’atelier propose d’explorer concrètement ces processus, en articulant apports théoriques, démonstration clinique et mises en situation.


Sources: Institut Emergences Rennes.

Comment aider mon patient à vivre son expérience sensorielle d'anesthésie loco-régionale ?

jeudi 7 mai 2026 - 20:05
10ème Congrès Hypnose Douleur. Dr Nicolas Fusco, Médecin anesthésiste.
En anesthésie loco-régionale ou ALR, l’hypnose médicale, est partout ! Nous pouvons en faire un peu, beaucoup, passionnément. L’hypnose médicale est souvent caricaturée ou déformée par les médias et malheureusement aussi par certains soignants. Oui, nous faisons plus que « papoter » avec nos patient(e)s. Grâce à nos outils hypnotiques, puissants et efficaces, nous accompagnons, nous dissocions, nous suggérons, nous soignons ! À travers cet atelier, nous allons explorer les possibilités des outils hypnotiques du quotidien qui aident les patient(e)s et embellissent les soignant(e)s.

Que ce soit à la maternité ou au bloc opératoire voire en dehors, nous pouvons aider les patient(e)s à vivre cette expérience sensorielle qu’est l’ALR, la rende unique, protectrice et bienfaitrice. Grâce à notre savoir être hypnotique, embellissons notre savoir faire anesthésique !

L’hypnose du quotidien du/de la médecin anesthésiste réanimateur formé(e) sait s'appuyer sur un état de conscience modifié du/de la patient(e). Que cet état de conscience particulier soit spontané ou non, bref ou prolongé, l’observation et la créativité du soignant vont être les clés des suggestions de confort, de sécurité et de protection. En d’autres termes, en s’appuyant sur une alliance thérapeutique forte, le/la patient(e) est mis au centre de ses soins et ses ressources seront la clé d’une expérience sensorielle réussie.

Valorisons et remettons au centre de nos pratiques quotidiennes cette hypnose subtile.

Sources: Institut Emergences Rennes.

IRM avec hypnose.

jeudi 7 mai 2026 - 20:04
Durand Alice, Céline Durand, Patricia Barbe, Manipulatrices radio. 10ème Congrès Hypnose Douleur. Notre atelier part du constat de la difficulté des patients claustrophobes à pratiquer leurs examens en imagerie, ce qui nous a mené à la mise en place d'un parcours patient hypnose afin de les aider. Nous détaillons la structure de ce parcours, ses particularités, ses défis, ses objectifs et nous avons voulu mettre en avant le point de vue du praticien en hypnose pour comprendre ce qui peut l'aider à dépasser certains enjeux et oser pratiquer couramment l'hypnose dans son travail.

La claustrophobie est un trouble anxieux qui est vécu comme une douleur pour les patients qui en souffre, leurs angoisses peuvent être impressionnantes, crise de tétanie, fractures, crise de panique, tachycardie... les symptômes sont bien réels et s'il l'on souhaite que ces patients aient accès aux soins, leur prise en charge doit être réfléchie.

Objectifs :
• Démontrer que l’hypnose peut se pratiquer partout, même dans un environnement d’apparence « hostile » tel l’IRM (bruit, patient éloigné du soignant, mouvements, apnées etc.)
• Expliquer comment une bonne cohésion d’équipe aboutit à un parcours pour patients claustrophobes efficace
• Comprendre quels sont les défis et les enjeux auxquels est confronté un praticien qui débute sa pratique en hypnose, afin de mieux les appréhender et parvenir à pratiquer couramment en service.

Sources: Institut Emergences Rennes.

Hypnose aux urgences : mission impossible ?

mercredi 6 mai 2026 - 16:44
10ème Congrès Hypnose Douleur. Dr Carlier Julia, Médecin psychiatre,

La mine, la cour des miracles… Les services d’urgences sont des endroits réputés hostiles et chaotiques. Les vies sont en jeu, le timing est serré et la communication se doit d’être efficace et technique. Quel meilleur outil que l’hypnose dans cette situation ? Les urgences psychiatriques sont parfois insuffisamment entendues dans ces services où il peut persister de la stigmatisation, de la méconnaissance. Nous verrons dans quelles indications l’hypnose trouve sa place et comment créer un pont entre les patients et leurs soignants.

Les soignants des services d’urgences sont très exposés au risque de burn-out et psychotraumatisme, nous explorerons quelques pistes pour travailler différemment. Les services d’urgences sont un passage obligatoire pour les étudiants en médecine et infirmiers, une très belle occasion de leur faire découvrir un soin différent et complémentaire qui pourra les accompagner tout au long de leur parcours. Dans un contexte de crise démographique médicale, il est urgent de prendre soin des soignants là où ils sont et d’aller vers eux. Quelques outils simples à mettre en place dès la salle d’attente, une culture de la communication apaisée et apaisante. Nous verrons ensemble comment lever les freins et débarquer les préjugés à l’instauration de l’hypnose.

Pourquoi ne pas faire un stop et planter quelques graines pour améliorer le bien-être des patients mais aussi des soignants.

Sources: Institut Emergences Rennes.

Hypnose et chirurgie du cancer du sein.

mercredi 6 mai 2026 - 16:27
10ème Congrès Hypnose et Douleur. Pr Berlière Martine, Médecin gynécologue,

Le cancer du sein est un problème de santé publique: plus de 2 250 000 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année et une femme que 8 sera concernée au cours de sa vie. La prise en charge pluridisciplinaire est les progrès thérapeutiques ont permis une amélioration de la survie et de la survie sans récidive.

Mais il est important de mentionner que les traitements anticancéreux s’accompagnent d’effets indésirables qui ont un impact à long terme sur la qualité de vie des patientes. Il est donc essentiel de trouver des options permettant de réduire les effets indésirables . Dans le domaine de la chirurgie , les principaux effets indésirables sont la douleur, aiguë, chronique, le lymphodème et les troubles de la mobilité et de la sensibilité du membre supérieur. Nous rapportons les résultats d’une étude prospective non randomisée qui a inclus dans 2 hopitaux belges 284 patientes atteintes d’un cancer du sein et bénéficiant d’une chirurgie mammaire avec geste axillaire. 94 Patientes ont eu une anesthésie générale +une anesthésie locale, 95 patientes une anesthésie générale précédée d’une séance d’hypnorelaxation par réalité virtuelle plus une anesthésie locale et 95 patientes une hypnosédation plus une anesthésie locale.

Nous avons étudié et mesuré la douleur , l’anxiété, la consommation d’antiinflammatoires non stéroidiens, la CRP et le NLR (rapport neutrophils sur lymphocytes) au Jours 0, 1 et 8 . Nos résultats montrent une réduction significative de l’anxiété, de la douleur et de la consommations d’AINS dans le groupe hypnosédation. Au niveau des paramètres biologiques, la CRP et le NLR sont réduits au J1 dans le groupe hypnose traduisant une réduction de la réaction inflammatoire précoce. L’hypnose utilisée en chirurgie oncologique mammaire diminue les effets indésirables et améliore le vécu des patientes.

Objectifs :
• Montrer impact hypnose en chirurgie oncologique mammaire-montrer bénéfices en termes de réduction des effets indésirables de la chirurgie mammaire-expliquer bénéfices pour les patientes et les soignants de cette alliance thérapeutique

Sources: Institut Emergences Rennes.

Hypnose en kinésithérapie : racines et feuillages de l'Arbre Douleur.

mercredi 6 mai 2026 - 15:42
10ème Congrès Hypnose Douleur Mme Barakat Woujoud, Kinésithérapeute.


Kinésithérapie...thérapie par le mouvement. C'est parce que la douleur s'exprime par le biais du corps que les patients viennent à nous. Et c'est par un travail sur ce même corps qu'ils s'attendent à en venir à bout. Mais quand la douleur n'est que la conséquence, peut-on s'attendre à un résultat satisfaisant en n'agissant que sur le corps ? Le kinésithérapeute a une relation privilégiée avec son patient, à la fois dans l'écoute et dans le toucher, ce qui crée une double proxémie. La douleur chez tous les patients, est habituellement côtée, objectivée, afin de déterminer quelle partie du corps est en cause. Mais la mécanique n'est pas forcément celle qui a besoin d'être ajustée ou pas seulement.

Qu'il s'agisse de la première séance lors de l'anamnèse ou au détour d'un échange durant une autre séance, l'origine de la douleur peut alors apparaître intimement liée à un vécu, qu'il soit physique, émotionnel ou psychologique. C'est cette empreinte qui va permettre de cibler comment le patient l'a intégrée et de quelle manière ce vécu se transcrit physiquement. L'image d'un Arbre qui représente la Douleur permet de concevoir qu'un feuillage n'est pas seulement l'expression d'une problématique physique. Ce feuillage peut représenter les symptômes, fruits de racines qu'on ne soupçonnait pas de l'extérieur.

Mais comment déterminer le type de feuillage de l'Arbre Douleur ? Et par quels moyens descendre jusqu'aux racines ? La communication entre les arbres est merveilleuse, tout comme peut l'être celle entre un patient et son thérapeute. C'est grâce à cette alliance de l'hypnose et de la kinésithérapie que le soignant, par le mouvement et la parole, aidera son patient à transformer le feuillage de son propre Arbre.

Objectifs :
• Créer une alliance thérapeutique par le toucher et l'écoute
• Appréhender les causes non physiques de la douleur/symptôme
• Effectuer un bilan de la douleur/symptôme en Kinésithérapie complété par l'Hypnose - Créer un soin en kinésithérapie couplé à l'hypnose

Sources: Institut Emergences Rennes.

La dimension psychosomatique des acouphènes.

mercredi 6 mai 2026 - 14:44
Congrès Hypnose Douleur 2026. Dr Skorintschouk Ianik, Médecin anesthésiste. Formation au CHTIP Collège Hypnose et Thérapies Intégratives de Paris


Les acouphènes touchent 10 à 20 % de la population. Cette pathologie est souvent une impasse thérapeutique pour de nombreux médecins généralistes ou ORL. Actuellement, il est conseillé de réaliser une approche multidisciplinaire de ces patients, comme c’est le cas au sein de l’AFREPA (Association Francophone des Équipes Pluridisciplinaires en Acouphénologie). Je prends en charge les acouphènes depuis plus de 12 ans. Je voudrais ici non-pas tenter de vous convaincre de quoi que ce soit mais partager avec vous l’évolution de ma pensée qui me conduit aujourd’hui à envisager que les acouphènes seraient majoritairement d’origine psychosomatique.

Le corps comme l’esprit participent à l’expérience de la vie. En Occident, nous avons tendance à privilégier son aspect mental. En Orient, la vie du corps est plus respectée. Cette présentation insiste sur le lien existant entre le corps et l’esprit et l’aspect inconscient de la somatisation. C’est par une approche globale des individus, au-delà de l’expression de leur symptôme, que nous pouvons à mon sens les aider à démêler leurs blocages, difficultés, traumatismes, incompréhensions ou croyances limitantes. Il est parfois difficile de comprendre comment un traumatisme de l’enfance peut avoir été enfoui et resurgir au bout de quelques dizaines d’années sous forme de trouble chronique.

Objectifs :
• Améliorer l'écoute du patient
• Aboutir à un changement

Sources: Institut Emergences Rennes.

La pratique de l'hypnose conversationnelle en échocardiographie transoesophagienne.

mercredi 6 mai 2026 - 14:26
Congrès Hypnose et Douleur 2026. Pr Vermes Emmanuelle, Médecin cardiologue.

L’échocardiographie transœsophagienne (ETO) est un examen invasif mais essentiel en cardiologie afin de mieux visualiser les cavités cardiaques, les auricules, les valves, (source de thrombus). Sa performance est supérieure à celle de l’échocardiographie de surface en raison de sa proximité avec le cœur. Cependant, l’introduction de la sonde dans l’œsophage est source d’anxiété et d’inconfort pour le patient.

Classiquement, on réalise une anesthésie locale, loin d’être efficace à chaque fois, elle nécessite un gargarisme de plusieurs minutes (empêchant de converser avec le patient) et obligeant après l’examen à l’absence d ‘ingestion de boisson ou d’aliment durant au minimum 1 heure, chez des patients à jeun déjà depuis 12 heures. Dans ce contexte, l’hypnose conversationnelle émerge comme une alternative pour améliorer la tolérance, réduire la sédation médicamenteuse et optimiser la coopération du patient. Je propose de rapporter mon expérience de cette pratique avec ces objectifs :

• Décrire les techniques conversationnelles mises en place : suggestions, travail sur la respiration, langage métaphorique etc.
• Discuter du ressenti du patient
• Discuter les freins et les leviers dans l’adoption de cette pratique en milieu hospitalier ( majoration de temps, formation des professionnels.

Sources: Institut Emergences Rennes.

Boules de couleur en chirurgie dentaire. Revue Hypnose et Thérapies Brèves 79.

samedi 21 mars 2026 - 23:15
« ELLE COURAIT DANS SA TÊTE » De l’écoute, de la bienveillance... et ce petit « truc » qui fait la différence : une simple boule colorée. Passer dans le fauteuil du chirurgien-dentiste inspire rarement confort et sérénité. Et c’est grâce à l’association hypnose et boule de caoutchouc que le spécialiste apaise ici sa patiente privée de motricité, jusqu’à lui redonner des ailes... LE CONTEXTE

Après des études en biologie et en neurophysiologie, j’ai entamé une reconversion professionnelle à 27 ans comme chirurgien-dentiste. J’avais eu la chance de travailler avec Patrick Lemoine au Vinatier dans un service de physiologie du sommeil et de sevrage médicamenteux. J’ai été formé par le professeur Michel Jouvet (découvreur du sommeil paradoxal) et Alain Buguet (spécialiste militaire du sommeil en milieu arctique) à la chirurgie et la polysomnographie. J’ai donc reçu une double formation en physiologie du cerveau et en psychologie. Je pratique l’hypnose depuis plus de dix années et je suis diplômé en analyse de la pratique de la faculté de psychologie de Lyon 2.

C’est la rencontre avec Gaston Brosseau en 2015 qui a changé définitivement ma pratique.
La plupart des patients qui me consultent pour des soins dentaires connaissent ma formation initiale de chercheur en neuropsychiatrie et d’enseignant en psychologie médicale. Ils me sont fréquemment adressés par des confrères que j’ai formés à la faculté ou dans des formations. Lors de mes cours à la faculté d’odontologie de Lyon, j’expliquais à mes étudiants que la dentisterie c’est cinquante pour cent de chirurgie, cinquante pour cent de psychiatrie. Je n’ai pas changé d’avis depuis vingt-cinq ans. Le pourcentage de patients atteints de phobies ou d’anxiété est, à mon avis, le plus élevé de toutes les spécialités médicales. C’est pourquoi, quelle que soit la situation clinique, j’utilise des techniques de communication thérapeutique pour améliorer la prise en charge. Mon assistante a une solide formation dans le domaine, si bien que nous formons un binôme très efficace. Mais nous n’évoquons que rarement le mot « hypnose ».

Dans l’exemple clinique que je vais vous présenter, nous verrons comment une induction hypnotique très banale peut avoir des effets positifs inattendus.

CAS CLINIQUE

Madame Z. est une patiente d’origine libanaise d’environ 45 ans qui présente depuis une dizaine d’années une sclérose en plaques (SEP), atteinte neurologique progressive et agressive qui impacte fortement sa motricité et sa fonction urinaire. Son expression orale est également affectée, avec notamment une difficulté à articuler. D’un niveau d’étude élevé (bac+5), elle vit assez mal sa perte progressive d’autonomie en dépit d’un environnement familial très favorable : un mari très présent et une fille de 16 ans attentive.
Depuis deux ans, elle doit se servir d’un fauteuil roulant pour les déplacements supérieurs à une centaine de mètres. Elle a recours à un déambulateur au quotidien chez elle ou pour les petits trajets et cherche au maximum à ne pas se faire aider. Elle porte à la jambe droite une orthèse qui maintient son tibia et sa cheville dans une position fixe, ce qui limite sa mobilité lorsqu’elle monte sur le fauteuil dentaire par exemple. Chaque mouvement est difficile et elle s’en plaint parfois, même si elle garde un certain humour sur la situation.

Lors des soins, elle présente parfois des mouvements désordonnés qu’elle ne peut pas contrôler et contre lesquels elle se sent impuissante. Elle culpabilise de créer une situation de soins qui serait inconfortable pour mon assistante et moi et dont elle pense qu’elle donne d’elle une image dégradante. Elle doit par ailleurs interrompre les soins à peu près toutes les heures pour aller aux toilettes. C’est une femme très agréable, soignée et élégante, qui cherche par tous les moyens à me faciliter les choses. Nous nous connaissons maintenant depuis cinq ans et j’ai vu lentement sa pathologie évoluer.

Les soins ne sont pas particulièrement compliqués en dehors des mouvements intempestifs impossibles à anticiper et qui pourraient générer des blessures avec les instruments que j’utilise. C’est un stress important pour l’équipe comme pour elle. Nous avons pourtant dans le passé réalisé des soins assez complexes, notamment des implants, mais depuis peu l’intensité des symptômes a augmenté, ce qui rend certains gestes risqués. Pour autant, je ne pense pas que l’évolution de sa SEP explique totalement ce changement dans la mesure où son neurologue traitant avec lequel j’échange régulièrement m’explique que son état est « stabilisé » par le traitement actuel. Il se déclare relativement satisfait de sa prise en charge en dépit de mes observations cliniques. J’ai fait alors l’hypothèse qu’autre chose était à l’œuvre, moins visible.
J’ai noté dans le comportement de Madame Z. une certaine forme d’agacement par rapport aux attentions de son mari (pourtant toujours très bienveillant) et de moi-même. Elle refuse par exemple que je lui offre mon bras pour rejoindre le fauteuil afin d’assurer sa marche hésitante, ce qu’elle acceptait volontiers auparavant. Elle se plaint plus fréquemment de son état physique et de ses difficultés à venir au cabinet en raison des trottoirs défoncés et du gravier qui « bloque les roues ». Autre point important, les pauses que j’ai mentionnées précédemment et dont j’ai mis très longtemps à comprendre la raison. Nous avons opté pour des séances longues pour « optimiser » les déplacements au cabinet qui sont évidemment complexes pour plusieurs raisons. La première, c’est qu’elle doit être accompagnée par son mari en fauteuil, ce qui accentue sa dépendance. La seconde, c’est que des travaux importants ont lieu dans le quartier, rendant l’accès de mon cabinet complexe même pour des patients valides. Et la troisième, c’est que son mari, qui a de grosses responsabilités, voyage beaucoup entre Lyon et Paris : les consultations viennent impacter fortement
son activité professionnelle. Il est fréquent que nous ayons des rendez-vous de deux heures car elle a des soins de prothèse importants.

Lors de ses venues au cabinet, elle a un imposant sac avec elle dont la taille m’a toujours amusé jusqu’à ce que je comprenne sa vraie finalité : elle devait changer ses couches lors des pauses, ce qui constituait pour elle un moment nécessaire mais aussi assez humiliant pour une femme aussi jeune. Elle a fini par s’ouvrir à moi par rapport à ses problèmes urinaires un jour qu’elle était sur le fauteuil et j’ai eu l’opportunité de la rassurer sur la bienveillance de mon regard de soignant par rapport à cela. Ce fut un échange très bref et parfaitement « factuel » en apparence mais dont la portée ne pouvait m’échapper. Elle partageait avec moi un élément intime qui traduisait un état de souffrance psychique dont il me fallait tenir compte tout en gardant ma position de chirurgien-dentiste.
Je lui ai donc proposé d’utiliser des techniques d’hypnose pour la détendre et donner plus de confort lors des soins. Elle a immédiatement validé cette offre. Elle connaissait mon activité dans ce domaine mais ne m’avait jamais sollicité auparavant pour cela. Bien entendu, j’utilisais déjà, et depuis notre premier rendez-vous, de l’hypnose sous diverses formes mais cette fois j’ai véritablement annoncé que j’allais faire de l’hypnose.

J’ai utilisé à cette fin une boule. Je détaille la technique un peu plus loin dans la discussion. Je propose à la patiente d’imaginer qu’elle va refaire à pied le parcours entre chez elle et le cabinet de façon extrêmement facile en dépit de tous les obstacles qu’elle pourra rencontrer. Que ce soit un trottoir, un changement de revêtement, la présence de gravier ou de matériaux de chantier sur son chemin, rien ne pourra l’empêcher d’avancer. Elle pourra même élégamment enjamber sans effort les plus gros cailloux. Je lui propose de prendre plaisir à cet exercice où elle va retrouver toute sa souplesse initiale et son agilité. Libre à elle de faire ce parcours à son rythme.

La séance se passe extrêmement bien et je peux réaliser l’intégralité de mon programme très tranquillement avec un grand confort à la fois pour la patiente, pour l’assistante et pour moi-même. Une fois les soins terminés, j’observe un grand sourire sur les lèvres de ma patiente. Elle a les larmes aux yeux et elle me confie : « C’est merveilleux, j’ai couru. Cela ne m’est pas arrivé depuis tellement d’années ! Je courais tellement vite que je volais sur le macadam. » J’ai redressé le fauteuil et je n’en ai pas demandé plus. L’assistante était très émue comme moi car nous avions conscience tous les trois que nous avions vécu quelque chose d’un peu extraordinaire. Une sorte de parenthèse enchantée dans une vie amputée par la maladie. Il m’est immédiatement venu en tête le titre de cet article : « Elle courait dans sa tête ».

Depuis cette séance, la patiente réclame sa boule, toujours la même, pour tous les soins. Elle a parfaitement intégré le protocole, de sorte que nous n’avons pratiquement plus rien à faire puisqu’elle gère de façon autonome son anxiété. Elle n’a fait aucun commentaire sur cette séance d’hypnose et je me suis bien gardé d’en faire de mon côté.

DISCUSSION

Un peu de technique mais pas trop...
Il n’était pas question dans cette situation de proposer une hypnose formelle telle qu’enseignée dans de nombreuses formations. Pourquoi ? Il n’y a aucune demande particulière de la part de la patiente à ce niveau-là, d’une part, et d’autre part mon expérience clinique ne valide pas cette approche dans cette situation précise.

Je m’en explique. Je reçois fréquemment des patients en bout de chaîne, qui ont épuisé les praticiens les uns après les autres sans grand résultat et pour qui je représente parfois l’ultime recours avant l’anesthésie générale. Cette position a paradoxalement un avantage : je ne peux pas faire pire que mes prédécesseurs puisque mon échec est presque programmé. Les patients n’attendent plus de miracle mais juste un peu mieux. Même dans la situation où un miracle est espéré, cela me place dans une situation assez favorable car la motivation des patients est très forte. Je préviens que je vais faire de mon mieux mais que je ne suis pas Dieu.
Il n’est pas rare que ces patients aient vu en consultation un psychologue pour une séance d’hypnose formelle pour traiter leur phobie des soins dentaires. Cette séance échoue le plus souvent face à la vraie situation de soins pour de multiples raisons, mais la plus évidente c’est qu’il existe peu de situations de soins aussi stressantes et qui demandent autant de la part du patient immobilité, calme et... patience.

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Dr Thierry Hueber Chercheur en neuropsychiatrie. Chirurgien-dentiste. Analyste de la pratique. Président du Groupe lyonnais de recherche en psychologie médicale. Formé à l’hypnose
depuis 2015. Hypnothérapeute. Auteur en 2024 de « Gaston Brosseau, la liberté de ne rien faire », un documentaire cinéma sur Gaston Brosseau. Conférencier en France, au Sénégal, au Québec.

Dans la Revue Hypnose et Thérapies Brèves 79. DEPRESSION

Julien Betbèze, rédacteur en chef, nous présente ce n°79…

8 / Éditorial :
Le partage de l’imaginaire pour faire émerger des ressources Julien Betbèze
10 / En couverture : Gabrielle Grimaldi Pics et dentelles d’aquarelle Sophie Cohen
12 / Hypnose et imagination créatrice Une poétique de l’action Alexandru Cupaciu.
16 / Acrophobie Externaliser pour se réassocier et retrouver le souffle Anne Malraux
26 / Hypnose de spectacle et hypnose clinique. Deux visages, deux finalités, une double vigilance éthique Fabrice Lakdja et Gérard Ostermann
32 / Quel est le premier souvenir qui vient ? Dissoudre une problématique figée en s’appuyant sur un souvenir source Michel Lamarlère
44 / Du divan au fauteuil Sortir de la répétition des schémas relationnels antérieurs Sylvie Le Pelletier-Beaufond

ESPACE DOULEUR DOUCEUR
50 / Introduction Gérard Ostermann
54 / Encoprésie et Caca farceur Dessine-moi ton problème Corinne Paillette
62 / L’anéjaculation Quand la panne sex-prime Karine Ficini
73 / Boules de couleur en chirurgie dentaire « Elle courait dans sa tête » Thierry Hueber

84 / DOSSIER DÉPRESSION
86 / Défaut et faute : Les agents doubles de la dépression Wilfrid Martineau
96 / Dépression et renoncement Mouvement de bascule et choix Alain Vallée

QUIPROQUO
104 / Renoncement S. Colombo, Muhuc

BONJOUR ET APRÈS...


108 / Denise, Son sommeil abîmé et ses cauchemars Sophie Cohen

LES CHAMPS DU POSSIBLE

112 / L’écho silencieux : Quand le corps du thérapeute devient miroir du traumatisme Adrian Chaboche

CULTURE MONDE
116 / La naissance à l’envers. Restaurer les potentiels d’auto-guérison Sylvie Le Pelletier- Beaufond

LIVRES EN BOUCHE
120 / J. Betbèze, S. Cohen

124 / ESPACE FORMATIONS

Illustrations: Gabrielle Grimaldi



Autohypnose pour mon épaule gauche. Revue Hypnose et Thérapies Brèves 78.

dimanche 8 mars 2026 - 22:16
(RUPTURE DE LA COIFFE DES ROTATEURS) ET LE COUPLE HYPNOSE/FASCIA. Une épaule abîmée, l’Adagio BWV 974 de Bach, une bulle de protection, une plongée dans l’inconscient, les fascias du corps, le surgissement des sons intérieurs... Le tout réuni dans une expérience d’autohypnose lors d’une intervention chirurgicale délicate.

A. DESCRIPTION DU PHÉNOMÈNE DE L’AUTOHYPNOSE

Cette opération est programmée le 18 juin 2024. Un an auparavant j’avais utilisé l’autohypnose pour l’opération de mon hallux valgus, afin de gérer la douleur du garrot mis à la racine de la cuisse pour empêcher l’hémorragie. Anesthésie loco-régionale, excellent chirurgien, bienveillante anesthésiste, support de la musique de Chopin le Nocturne n° 20 si émouvant où j’étais spectatrice, l’opération fut une réussite, me permettant d’aller danser au mariage de ma fille bien aimée... qui fut aussi un feu d’artifice sublime... Le choix de l’anesthésie loco-régionale était guidé par deux facteurs :
• difficultés importantes d’intubation huit ans auparavant, pour l’opération de l’épaule cette fois à droite, avec réveil difficile et surveillance post-opératoire ;
• de mon côté, effets secondaires de l’anesthésie générale importants : troubles de concentration, fatigue intense et désorientation dans le temps d’une durée de deux mois. En conséquence, je décidais d’utiliser l’autohypnose pour l’épaule gauche.

Là, les conditions techniques étaient différentes de celles de mon pied, à savoir casque figeant la tête, juste un trou pour respirer, champ opératoire me couvrant même le visage. Bien, il me fallait convaincre le jour J le médecin anesthésiste en plaidant ma cause avec quelques aménagements nécessaires : pas de masque ni champ opératoire étouffant mon visage à mettre à distance de moi, demi-assise si possible, OK pour le casque avec les écouteurs sous le casque, et support du son de la musique du grandiose Jean-Sébastien Bach, Adagio BWV 974 à mettre en boucle. J’ai eu la chance d’avoir un anesthésiste à l’écoute et bienveillant, ayant lui-même une certaine connaissance des bienfaits de l’hypnose. Il lui fallait convaincre le reste de l’équipe chirurgicale dont le chirurgien. Ce dernier m’avait opérée huit ans auparavant de l’autre épaule. Là aussi chirurgien bienveillant à l’esprit ouvert, anesthésie loco-régionale et perfusion prête au cas où. Mise en place des alliances avec de sacrées surprises... Première alliance avec le chirurgien : facile d’établir ce lien de confiance totale avec lui, le connaissant auparavant, de plus ses qualités professionnelles et humaines et son humilité ne sont plus à démontrer...

Deuxième alliance avec moi-même : me faire confiance totalement... je me jetais dans l’inconnu quand même... La stratégie la plus solide est justement de faire appel à toutes mes ressources intérieures, à les mobiliser ainsi, retrouver en mon centre (mon hara) ce lieu de sécurité absolu et de m’y mettre dedans.
Premier temps, créer les conditions favorables à l’autohypnose :
• prendre plusieurs inspirations/expirations (cohérence cardiaque 5 inspir./5 expir. de 5 secondes) ;
• s’aligner comme en méditation pour installer ce calme intérieur, toujours centrée sur la respiration ;
• mes yeux se fermèrent doucement, bercée par la musique de Bach, prête à la plongée sous-marine ;
• pour y accéder, il faut se figurer un sablier où le haut représente le conscient, et le bas l’inconscient ;
• toujours se concentrer sur ce souffle, on traverse un goulot où on accède à l’immense réservoir de l’inconscient. Ce dernier grandit de plus en plus tandis que l’espace du conscient s’amenuise d’autant : la dissociation a lieu.

Cependant, il est indispensable de garder une petite zone de conscient afin de pouvoir se réassocier au retour ou en cas de danger imminent. Comme le Petit Poucet, il faut prévoir ses arrières.

Deuxième temps, construire son lieu de sécurité absolu. Pièce maîtresse de l’édifice, pourtant si simple à construire :
• moi au centre, sous la forme de la petite fille de 5 ans à la robe blanche avec ses longues nattes et aux pieds nus qui a vraiment existé ;
• j’y ai mis mon baobab, majestueux, s’élevant dans le ciel et aux racines si solides, de mon Afrique lointaine ;
• j’y ai mis mon petit singe ouistiti « Boubou » que j’ai apprivoisé, malin, chapardeur ; - et bien d’autres choses... qui m’ont nourrie et gardée en « VIE » malgré tous les aléas...

Troisième temps, édifier une bulle de protection solide autour : Mon inconscient me montre un filet aux mailles serrées et fines en or. Je l’adopte, me procurant à la fois agilité et solidité, comme en art martial pour adapter sa défense. Puis je descends dans mon sous-marin, prête à assister en tant que spectatrice au concert de Bach, mais surprise inattendue... j’étais actrice ! Troisième alliance avec Bach En effet, Bach m’apparaît en vieux monsieur à lunettes dans une gare près d’une locomotive noire fumant le charbon, aux quatre premières notes répétitives du do (d’en haut), impératif, me tend sa main gauche et me dit : « dépêche-toi, vite, la locomotive part », et moi instantanément je redeviens la petite fille de 5 ans à la robe blanche qui attrape sa main à la volée avec ma main droite... Dans cet immense espace de l’inconscient, je me rends compte que l’espace-temps n’existe plus : Bach est d’un autre siècle et moi je me retrouve soixante-cinq ans en arrière et pourtant nous sommes en lien...

J’ai choisi Bach et précisément cet adagio pour m’accompagner : musique simple, régulière, de structure binaire, pragmatique. La sensation qu’il vous tient par la main pour monter les marches une à une avec une telle facilité, toujours plus haut avec des phases d’horizontalité à chaque palier. Je ne peux m’empêcher de faire le parallélisme avec la danse du corps, de type binaire aussi, des derviches tourneurs, ordre fondé par le grand philosophe soufi arabo-persan Rûmî : il exprimait son amour de Dieu au travers du corps, alors que Bach l’exprime par le son. Après, nous voilà dans une immense salle de style Versailles, parquet en bois, plafond haut avec des lustres, dorures... Moi je devenais une belle jeune fille habillée en soie bleue, dansant aux sons de la musique et devenant les sons... Puis un escalier à gauche en simple ciment, Bach me reprend la main et nous arrivâmes dans une salle du même style. Là, j’entendais pour la première fois avec stupeur les sons intérieurs : le la, si, mi, etc. avaient chacun un espace, un volume précis, et surtout contenaient une force bien précise allant de l’intérieur vers l’extérieur (le son extérieur n’étant qu’un écho du son intérieur). Pour le la, par exemple, on aurait dit un volcan qui explose avec une puissance bien calibrée...

J’entendais enfin les sons intérieurs, moi qui peinais à entendre les sons extérieurs. Je compris après analyse pourquoi le grand Beethoven devenu sourd entendait parfaitement les sons intérieurs et a pu écrire ses symphonies sublimes de plusieurs heures. Quant à moi, j’ai décodé environ 4 minutes. Je compris également pourquoi le langage de la musique est dit universel : la force contenue dans un son précis, sa place dans l’espace lui est propre.

Toute personne quelle que soit sa langue maternelle ou sa culture est capable de le percevoir, d’où les mêmes états d’émotions nous traversant et l’intérêt de la musicothérapie en tant que soin. À nouveau un escalier en ciment tournant à gauche aboutit à une troisième salle : il y avait là un livre immense avec les lignes du solfège et les notes de musique de l’Adagio ! Je redevins si petite et entra à pieds joints dans les notes, devenant tour à tour un do, un la, un si, etc. Pour passer d’une phrase à l’autre, je devenais un petit singe, accrochée aux branches des notes...

Certaines phrases étaient si belles, je devenais un aigle majestueux, planant au-dessus de l’océan au regard perçant... ou l’enfant allongée sur une branche me prélassant comme les chats... ou bondissant d’une note à l’autre sur la rivière, ou l’enfant agile grimpant dans les manguiers pour cueillir les mangues et les jeter au sol à ma bande de copains (elles avaient un goût unique les mangues de mon Afrique...), ou jouant à se laisser glisser à plat ventre sur les notes de Bach en poussant des cris de joie en dévalant la pente du garage quand il pleuvait... Ah, Bach ! mon enfant intérieur s’est rempli de joie et de liberté et vous remercie ! Puis nous arrivâmes au quatrième niveau : ici, il n’y avait aucune salle. Nous nous tenions côte à côte, à la lisière d’un espace : devant nous une immensité sans limite de neige d’une blancheur si éclatante, majestueuse, pure, nous laissant sans voix, si silencieuse, où il ne faisait pas froid. En s’imprégnant devant ce qui est, derrière ce silence, il y avait des petits sons semblables à des « crépitements » un peu partout qui sortaient : la VIE prête à éclore sous diverses formes par tous les pores de la neige... Tant de douceur, de tendresse, de lumière émanaient de cet espace où le temps était suspendu... nous étions traversés par ce qui s’exprimait devant nous avec cette blancheur immaculée... Subitement, je me rendais compte que Bach et moi étions UN devant tant de grâce... nous avons dépassé la dualité ! Bach a voulu s’avancer dans cette neige en m’entraînant avec lui, mais comme quelque chose l’en empêchait, une sensation d’une présence supérieure lui intimant l’ordre de s’en aller.

Bach attristé reconnut notre finitude d’humain : c’est très bien exprimé dans ses quatre dernières notes si tristes... Nous rebroussâmes chemin par les escaliers sans passer par les salles. Cet Adagio est mis en boucle avec le même schéma répétitif. Ce vécu spirituel est un cadeau inestimable que m’a donné Bach à partager avec lui concernant sa ferveur envers Dieu. Effectivement, au-delà de nos différences religieuses (chemins ou vêtements différents), le but est le même : l’UN et on avait touché du doigt l’essentiel... Rûmî l’avait nommé Houa (« Lui » en arabe). Avant de partir, je me suis appropriée un bout de cette neige blanche sous forme d’une petite bougie mise sur ma tête. Ça lui arrive de vaciller devant tant de noirceurs visibles dans ce monde d’ici-bas actuel (!), le matin je souffle dessus avec toutes mes forces pour la re-allumer... Ceci est mon vécu, ma vérité exprimée. Je ne prétends pas que ce soit la vérité. Cependant deux écueils sont survenus durant l’opération, ayant failli compromettre le bon déroulé hypnotique : • Le premier : l’infirmière anesthésiste avait mis sa propre musique dans la salle d’opération d’à côté à haute voix genre « techno ». Cette musique interférait avec la mienne, d’autant plus que je la percevais comme une coquille « vide » d’énergie de l’intérieur. Etant dans un état de transe profonde, je ne pouvais lui dire de couper le son.

Seule solution, la circonscrire par mon esprit dans un coin à droite dans l’espace en l’enfermant dans une bulle bien étanche et sa présence fut négligeable.
• Le deuxième : le rôle de mon chirurgien préféré ! J’étais à deux espace-temps différents : dans l’inconscient (mon concert Bach) et très partiellement dans le conscient (le chirurgien). Je lui avais confié mon épaule en le priant de bien la réparer puis de me la restituer. Aussi j’avais un oeil et une oreille sur lui :
• j’ai senti quatre traits d’incision précis ; • comme un tube de 1 centimètre de diamètre et 3 centimètres de long (?) qui rentrait dans mon épaule du bas vers le haut ;
• puis un liquide versé en quantité (de l’eau pour laver et hydrater les tissus ?) ;
• puis un mouvement d’une grande force comme pour remonter les morceaux de muscles du bas vers le haut (il cherchait à les réunifier vers le haut pour les accrocher sous l’acromion) ;
• puis sensation d’une abrasion horizontale hyper douloureuse ! Ah là, la louve tapie au fond de moi s’est manifestée pour défendre son territoire avec des grognements intenses : « mumm, mumm... », montrant ses dents, prête à en découdre avec l’ennemi ! Je suis sortie de mon état entre deux eaux.

En effet, ma bulle de protection en mailles fines que je pensais robuste ne protégeait plus mon lieu de sécurité. Heureusement le chirurgien comprit mon message et s’arrêta, l’infirmière anesthésiste me dit : « que fait-on, on vous endort ? » Là, je regardai en moi pour faire l’état des lieux et vis qu’en fait il s’agissait juste d’abrasions superficielles de plusieurs mailles de mon tissu, aucune perforation. Je répondis : « je gère »... je replongeai dans mon état profond et avec mes mains virtuelles fit la réparation illico. Heureusement, ce chirurgien très à l’écoute comprit et reprit le travail qu’il avait à faire, mais doucement... et tout se termina parfaitement. J’ai su plus tard qu’il abrasait l’acromion pour laisser de la place aux muscles pour s’y loger : il a utilisé une fraise tournant à 8 000 tours/minutes ! Non, mais ! C’est sûr que je n’ai pas du tout aimé...

• perception également qu’il raccommodait des faisceaux pour les solidariser avec une aiguille courbe, et ce avec minutie et régularité, digne de la haute couture...
• puis perception d’entendre le bruit d’un marteau... pour enfoncer un clou (?) : quatre à cinq coups concis et à la bonne profondeur, alors que je ne percevais pas l’introduction du présumé clou... Ah, il sait ce qu’il fait...
• enfin, je perçus qu’on enlevait le champ opératoire, mettait la lumière sur moi, et j’ai entendu le chirurgien me dire « c’est terminé ». Je n’ai pas bougé de suite car j’avais encore quelques minutes de mon merveilleux concert à terminer. Je me suis réassociée facilement, ayant mémorisé le chemin du retour. Quelques inspirations/expirations, me voilà dans l’ici et maintenant et je dis au chirurgien « déjà ? », et lui de répondre : « ça fait 1 h 15 et vous êtes bien courageuse, Madame Cadra ! ».

Oui, il s’agit de courage, mais il n’est ni physique, ni mental. C’est le courage de lâcher prise et d’accepter d’aller plonger en profondeur dans cet immense réservoir inconnu (l’inconscient) où il n’y a aucun repère tangible auquel s’accrocher, sinon de faire confiance (alliance) avec cette sagesse universelle : appelons-la ainsi, comme la grande thérapeute Teresa Robles, pour ne froisser personne (croyants en Dieu, athées, agnostiques, polythéistes, les ni-ni) et s’éviter de griller sur un bûcher... C’est la clé magique qu’apporte l’hypnose grâce au génie d’Erickson. Pour avoir le coeur net, je demandai au chirurgien s’il avait bien utilisé un marteau pour planter un clou ? « Oui, comme tout chirurgien, je ne peux m’empêcher d’utiliser mon marteau... » c’était donc vrai... et il a en plus de l’humour, l’ami ! J’en profite pour remercier vivement ce chirurgien, cet anesthésiste et toute l’équipe autour. Quant aux suites opératoires : excellentes.

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Dr Nelly Cadra Pédiatre à Vannes, allergologue, homéopathe et ostéopathe. Formée à la pratique de l’hypnose à la faculté de Brest, à l’ARePTA à Nantes, ainsi qu’à Emergences à Rennes.
Commandez la Revue Hypnose et Thérapies Brèves 78 N°78 : Août / Sept. / Oct. 2025

Regards sur l'Hypnose

Julien Betbèze, rédacteur en chef, nous présente ce n°78…

8 / Éditorial : « La transe hypnotique est avant tout une expérience poétique » Julien Betbèze
10 / En couverture : Florence Cadène Magnétisme animal Sophie Cohen 

12 / Internalisation d’un lien sécurisant Théo, 10 ans et « son » anxiété d’endormissement Arnaud Zeman
24 / Le témoin intérieur et la honte Tout le monde est mieux que moi Géraldine Garon et Solen Montanari
36 / Sortir de l’adoration du produit Dissiper les ruminations du veau d’or : les clés du traitement des addictions David Vergriete et Alexandrine Halliez

ESPACE DOULEUR DOUCEUR 


46 / Introduction Gérard Ostermann
50 / Cris et hypnose Répondre aux cris des personnes âgées grâce à l’hypnose Hélène Pousset Abbouchi
58 / Autohypnose pour mon épaule gauche (rupture de la coiffe des rotateurs) et le couple hypnose/fascia Nelly Cadra

73 / DOSSIER REGARDS SUR L’HYPNOSE 

74 / Voyage IRM au coeur de l’expérience hypnotique. Exploration de la portée clinique de l’hypnose Jean-Philippe Cottier et Valentin Lefèvre
84 / L’hypnose et le dormeur éveillé Entre songe et pensée Alexandru Cupaciu
88 / Hypnose de spectacle : bénéfices ou dangers pour le sujet Stéphane Radoykov
94 / Une rencontre Être avec... Roxane Yvernay

RUBRIQUES
- QUIPROQUO 

102 / Rencontre S. Colombo, Muhuc BONJOUR ET APRÈS...
106 / Marie, ou l’accompagnement d’une patiente lors d’un traitement de cancer Sophie Cohen

- LES CHAMPS DU POSSIBLE 

110 / Ce que le corps ne dit pas, mais que l’hypnose écoute : croire pour transformer Adrian Chaboche CULTURE MONDE
114 / L’appel de l’âme Venir au monde dans le village Hmong de Cacao Alice Mancinelli

LIVRES EN BOUCHE
120 / J. Betbèze, S. Cohen
125 / ESPACE FORMATIONS

Illustrations: Florence CADÈNE