Hypnose Ericksonienne Thérapie Brève

Médecin généraliste et Hypnose: Osez ! Dr Pierre Le Grand

Formation Hypnose Medicale - vendredi 9 novembre 2018 - 17:33
Revue Hypnose & Thérapies brèves n°50 PIERRE LE GRAND Médecin généraliste à Brest en libéral et en milieu carcéral, il travaille avec l’hypnose ericksonienne et les thérapies brèves depuis 2014. Formateur à l’Institut Emergences de Rennes, il coordonne la formation Hypnose et Médecine générale. Médecin généraliste, formé à l’hypnose médicale, je croise d’autres médecins qui ont cet outil dans leur sacoche.

Certains s’en servent, d’autres moins. Ils invoquent alors tout un tas de raisons : pas le temps, pas de reconnaissance de l’acte, pas facile à concilier avec l’organisation du cabinet... Pourtant, l’hypnose peut apporter quelque chose en plus au patient mais aussi au médecin lui-même.
A travers cet article, je vous propose de découvrir différentes situations où l’hypnose m’a été utile dans plusieurs contextes de médecine générale.

MADAME O.
J’ai débuté ma formation en hypnose au cours de mon internat. Mon dernier semestre se déroulait en autonomie chez des médecins généralistes. Au début du stage, lors d’une consultation réalisée en binôme avec le médecin senior, Mme O. décrit une douleur allant de l’épaule au poignet gauche et une autre douleur au majeur gauche. Je l’examine et retrouve une névralgie cervico-brachiale (NCB) avec une contracture musculaire bien palpable au niveau du trapèze gauche. Le médecin senior prend alors le relais pour effectuer de la mésothérapie. Au cours de l’examen, en poursuivant l’échange, la patiente explique son contexte de stress et d’angoisse lié à un problème familial récent. Le médecin me glisse : « Tu peux peut-être faire ton truc là pendant que je fais le geste. »

La patiente a déjà eu de la mésothérapie et anticipe la douleur de ces multiples injections dans le dos. Je me dis que je pour- rais au moins détourner son attention de cette partie du corps. Allez, j’ose faire de l’hypnose avec cette patiente ! Mais quoi faire ? Je n’ai pas eu le temps d’en discuter avec elle. L’autre médecin ne connaît pas cette pratique et risque d’interférer. Pas le temps de trouver un tas de raison pour ne rien faire, je m’entends dire : « Pendant que mon collègue s’occupe d’une par- tie de vous... je vais vous proposer un petit exercice... et pour ça j’aimerais savoir... où est votre angoisse ? »
J’aperçois le regard déconcerté du mé- decin derrière la patiente. J’imagine qu’il cherche la logique de la question. La réponse de la patiente vient confirmer mon intuition : « Dans ce doigt » (majeur gauche). « Très bien... » Et l’on poursuit la réification de cette angoisse sous la forme d’une pierre blanche, rigide et froide, qui s’est installée là. Petit à petit, la pierre devient plus souple, plus chaude et le doigt devient plus confortable.
Je repense alors à sa description initiale de la douleur. Elle en distinguait bien deux. Et je me demande ce qu’auraient pu faire les antalgiques ou la mésothérapie sur cette douleur du doigt qu’en tant que mé- decin on aurait attribué à la NCB mais que la patiente rattachait à de l’angoisse. Au cours du stage, je reverrai Mme O. pour un autre motif. Elle m’expliquera qu’elle a continué à s’aider de la respiration pour at- ténuer cette gêne au doigt. « Très bien ! »

MADAME S.
Après les stages, je débute les remplace- ments. Il faut s’adapter rapidement au ca- binet, à l’organisation du médecin, à son lo- giciel, à son rythme de consultation, etc. Un matin, je reçois Mme S. qui vient pour le re- nouvellement de son antidépresseur. L’en- tretien confirme qu’elle est effectivement en dépression chronique. Suite au décès de son mari il y a plus d’un an, elle passe toutes ses journées au cimetière. Toute son éner- gie y passe. Elle ne mange quasiment plus et continue de perdre du poids. Elle refuse de voir un(e) psychologue (« à quoi ça ser- virait ? ») ou un(e) psychiatre (« pour avoir encore plus de médicaments ? »).
J’aurais pu renouveler le traitement et laisser son médecin habituel réévaluer. Mais j’ai envie de lui proposer autre chose. Allez, j’ose ! Il ne me reste que deux jours de remplacement donc j’insiste bien sur le fait que c’est à elle de décider si elle se sent prête à changer. Elle me dit oui, alors on se revoit en fin de journée où elle m’explique son parcours de vie. Ce premier entretien me permet d’avoir quelques hypothèses d’état et de processus et de repérer des res- sources, notamment sa résistance et sa ca- pacité à affronter une multitude de situa- tions problématiques.
Je la revois dès le lendemain soir. La séance est riche en émotion. Elle réussit d’abord à dénouer le nœud en béton qui lui bloquait l’estomac. Ensuite, petit à petit, elle se construit un lieu sûr, toujours avec beau- coup d’émotion. Et puis pas de nouvelles... Je recontacte donc le médecin traitant uelques mois après. Il m’apprend que tout son entourage la trouve changée. Elle ne se rend plus de manière obsessionnelle au ci- metière et en est ravie . « Bravo ! »
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La conspiration du silence: Tâches thérapeutiques. Guillaume DELANNOY, Vania TORRES-LACAZE et Annick TOUSSAINT
A partir de maintenant, et jusqu’à notre prochaine rencontre, je vais vous demander de ne plus du tout parler de votre problème, et ce à qui que ce soit. Vous pouvez bien entendu continuer à parler de tout autre sujet, mais plus un mot à propos de ces difficultés récurrentes que vous rencontrez. 
Conscience et guérison: le rôle du patient dans le processus de guérison. Dr Gérard VIGNERON
« Oui, vous aviez raison, c’est bien un lymphome. » Ces quelques mots prononcés par le chirurgien qui venait de recevoir les résultats de l’anatomo-pathologie des ganglions enlevés quelques jours auparavant, allaient provoquer en moi une espèce d’urgence à préciser le rôle et la place que doit prendre le patient dans le processus de guérison.
Note Cinquième selon François Roustang. Sylvie LE PELLETIER-BEAUFOND
Présentant un court texte lors d’une rencontre sur le thème de l’identité, François Roustang propose une réflexion sur ce qu’il titre « habitation ». Ce texte ne prétend pas aborder la question sou- levée ici d’un point de vue philosophique ou d’un point de vue social, il énonce une démarche thérapeutique en tout point originale.
Cardiopathies congénitales en service de réanimation. Karine CAMPISTRON
Nous travaillons dans le service de réanimation des cardiopathies congénitales de l’adulte et de l’enfant de l’hôpital Haut-Lévêque au CHU de Bordeaux. Dans ce service l’accompagnement des patients en réanimation est très complexe. Les patients, adultes comme enfants, y sont très techniqués (cathéters, drains, électrodes, sondes, canules...). 
La rééducation en éveil de coma: Intérêt de l'Hypnose. Marie-Pierre BERTINET et Céline DEFACHELLE
Et si l’hypnose était non seulement praticable, mais présentait un intérêt majeur chez un patient douloureux en état de coma vigile ? 
Devant l’absence d’évolution significative de Paul, une prise en charge à visée antalgique a été tentée pendant trois mois par un binôme hypnothérapeute-kinésithérapeute.
Hypnose en terrain humanitaire. Christine ALLARY
Au décours d’une mission de chirurgie maxillo-faciale, en situation anesthésique précaire avec l’association Les Enfants du Noma à Madagascar, l’idée s’est spontanément imposée à l’équipe d’anesthésie de mettre en place et bénéficier de l’outil hypnose au bloc opératoire. 
Médecin généraliste et Hypnose: Osez ! Dr Pierre Le Grand
Médecin généraliste, formé à l’hypnose médicale, je croise d’autres médecins qui ont cet outil dans leur sacoche. Certains s’en servent, d’autres moins. Ils invoquent alors tout un tas de raisons : pas le temps, pas de reconnaissance de l’acte, pas facile à concilier avec l’organisation du cabinet...
Au quotidien: La pratique de l'hypnose en médecine générale. Dr Salomon HAYOUN
Près de seize ans après ma formation à l’hypnose médicale auprès de Jean-Marc Benhaiem et de l’influence philosophique de François Roustang, il m’est agréable de m’interroger sur ma pratique de l’hypnose en médecine générale. Outre la transformation personnelle qu’il est classique d’exprimer comme tous ceux qui ont été initiés à l’hypnose, j’aborderai ici mes rapports aux patients, à la maladie et ma position en tant que soignant. 
Phénoménologie de la transe en médecine générale. Dr Daniel Quin
Médecin généraliste pratiquant l’hypnose depuis quinze ans, en cabinet libéral, cette activité spécifique représente à ce jour 80 % de mes consultations. Je suis confronté régulièrement à des demandes de sevrage tabagique, à des phobies de toutes sortes, des troubles anxieux, des insomnies, des pulsions alimentaires, des comportements addictifs (alcool, drogues, jeux), à de la préparation à des concours ou des épreuves sportives. 
Hypnose et médecine générale. Dr Gérard FITOUSSI
« La médecine générale est une médecine de l’individu dans son environnement naturel. L’objectif premier de la médecine est le soin du patient. Tout comme la médecine en général, la médecine générale est une discipline qui fait appel à des données biomédicales et techniques. Cependant ces seules données sont insuffisantes pour répondre à toutes les demandes de soins des patients.
« L’hypnose, on commence quand ? » Dr Stefano Colombo, Revue Hypnose et Thérapies brèves 50
Ce qui me gêne ? Je souffre de crises de panique, docteur. C’est horrible. Cela me prend d’un coup, quand je les attends le moins du monde. - Parce que vous les attendez ? - J’y suis tellement habitué que je sais d’avance qu’elles vont venir. - Vous êtes donc prévenu ! - Tout en ne sachant pas quand elles viennent. 
Interview du Dr Dominique Megglé par le Dr Gérard FITOUSSI
Votre parcours professionnel est impressionnant, pouvez-vous nous donner un aperçu ? Dominique Megglé : Servir ! Je me suis engagé dans l’armée pour servir la France. Pendant la Seconde Guerre mondiale, mon père, résistant, a été arrêté et torturé par les nazis, puis déporté à Buchenwald. Et comme je suis né au Maroc et que mon enfance en a été bercée, je voulais retrouver ma chère Afrique.
Hypnose et écriture: "146 boulevard Haussmann", l'ouvrage de Maurice Soustiel
Compte rendu par Sophie COHEN. Il est rare que je parle d’un récit et voici que cette rubrique fait exception pour l’excellent livre de Maurice Soustiel. Maurice Soustiel pratique l’hypnose dans sa consultation à l’hôpital. Il me dit sans l’hypnose, ce livre n’aurait jamais vu le jour parce que penser le passé jusqu’à l’écrire est extrêmement thérapeutique.
Notes de lecture par Christine GUILLOUX
La clé des cœurs : Contes et mystères en pays amoureux, Henri Gougaud
Dernière livraison de notre ami Henri Gougaud, le conteur par lequel l’on renaît sans cesse, par lequel on se nourrit comme on se sourit, par lequel l’on sait transformer les menaces en miracles.
Initiation à la thérapie brève orientée vers les solutions : En dix leçons 
Comptes rendus par Sophie COHEN
Un guide court et clair qui décrit les outils de thérapies brèves. En passant par la définition des objectifs et la question miracle, dix outils sont développés et ce en une centaine de pages. Avec cette synthèse, on ne peut plus dire que l’on n’a pas le temps de lire !

Hypnoscopie Octobre 2018 - Actualités en Hypnose Médicale

Formation Hypnose Medicale - mardi 6 novembre 2018 - 00:11
Lutte contre la douleur: "Arrêtons de dire aux patients, c’est dans votre tête" Pour le professeur Serge Perrot, « il faut arrêter de nier la douleur des patients ».
En cette journée mondiale de lutte contre la douleur, le professeur Serge Perrot, rhumatologue à l’hôpital Cochin à Paris, refuse le terme de « douleurs inexpliquées ».
Serge Perrot, rhumatologue, est en charge du centre de la douleur de l’hôpital Cochin (AP-HP) à Paris et auteur de « La douleur, je m’en sors » (Ed. In Press). En cette journée mondiale de lutte contre la douleur, le professeur constate qu’il y a encore d’énormes progrès à faire en la matière.

Vous refusez le terme de « douleurs inexpliquées ». Pourquoi ?

SERGE PERROT. Parce qu’il est faux ! On ne peut pas dire qu’elles sont inexpliquées. Pendant longtemps, on a seulement reconnu les douleurs dites « nociceptives », responsables d’une inflammation comme la polyarthrite, de maladies comme le cancer. Avoir mal était forcément le signe d’un problème. Puis, il y a vingt ans, on a compris qu’il pouvait y avoir des douleurs inutiles. Par exemple, une femme opérée d’un cancer du sein continuait de souffrir. On se disait, ce n’est pas possible, elle est pourtant guérie. Mais lors de l’intervention, on lui avait coupé des petits nerfs, son circuit électrique de la douleur était donc abîmé. C’est la catégorie des « neuropathiques ». On a dû se battre pour la faire accepter. Et aujourd’hui, une troisième classification dite « nociplastique » vient d’être enfin reconnue, celle d’une perturbation du fonctionnement de la douleur. Chez certaines personnes, ce système est moins efficace comme des freins de voiture qui lâchent. Conséquence, elles ont des douleurs diffuses sans raison. C’est le cas de la fibromyalgie, du syndrome de l’intestin irritable. Dire qu’elles sont inexpliquées, c’est faire de la médecine à l’ancienne.

Cette nouvelle forme de douleur est-elle connue des médecins ?

On a encore des difficultés. En médecine, on aime les marqueurs : les IRM, les radios, trouver les causes. Mais il faut former les médecins. Il y a quelques jours, j’ai expliqué à 500 d’entre eux réunis aux Entretiens de Bichat qu’il ne fallait plus parler de douleurs inexpliquées, de maladies imaginaires, qu’il y avait une explication. Ils étaient très intéressés et réceptifs. Depuis dix ans, les facultés de médecine dispensent enfin 20 heures de cours sur la douleur. Ce n’est pas énorme mais mieux que rien. Il existe aussi en France près de 250 centres spécialisés dans ce domaine. C’est une véritable avancée.

La douleur n’est donc plus le parent pauvre de la médecine, comme on l’a souvent dit ?

Il reste énormément de progrès à faire. De nombreux centres de la douleur sont amenés à disparaître faute de moyens dans les hôpitaux. Quand il y a des difficultés financières, on ne va pas supprimer un service d’anesthésie, ni de rhumatologie mais le premier visé, c’est le nôtre ! Des collègues me disent parfois, ce n’est pas une spécialité, tout le monde traite la douleur. C’est faux. On est là pour diagnostiquer des maladies rares et peu connus. Il y a encore des patients qui me disent « on m’a dit que je n’avais rien, que c’était dans ma tête » alors qu’ils souffrent de lombalgies, de tendinites, de céphalées. Je leur réponds : c’est dans votre tête bien sûr, c’est le cerveau mais ce n’est pas psychologique. Il y a un dysfonctionnement de douleur et je leur explique qu’on va essayer de régler à nouveau le thermostat.

N’y a-t-il jamais de facteurs psychologiques ?

Si. Les dépressions peuvent être à l’origine de ces symptômes. Dans ce cas, je les redirige vers un psychiatre mais je ne nie pas leur souffrance. Elle est réelle. En France, on est un pays catholique, la douleur est rédemptrice, elle promet un petit coin de paradis. Celui qui va mal est un fainéant. Il faut se débarrasser de cette conception. Elle fait souffrir les malades. Ils demandent à être reconnus.

Soigne-t-on mieux des douleurs que l’on disait inexpliquées aujourd’hui ?

Oui. On comprend mieux les mécanismes de l’algodystrophie, un syndrome douloureux régional complexe. Avant, on mettait un plâtre au patient en lui disant surtout de ne pas bouger. C’était la pire des choses. Au contraire, ils doivent s’activer. On connaît mieux aussi la fibromyalgie. Les voies de la douleur peuvent être perturbées par une variation hormonale chez les femmes à la ménopause ou l’arrêt brutal du sport chez les jeunes. On fait appel à l’hypnose, l’exercice physique, la balnéothérapie, en plus des médicaments pour les soigner. Il faut arrêter de nier la douleur des patients. Arrêtons de leur dire, c’est dans votre tête !

Toute l'équipe du CHTIP, Philippe AÏM, Laurent GROSS, Florent HAMON, Théo CHAUMEIL enseigne l'Hypnose Médicale à l'Hôpital Cochin, depuis quelques années... Nous les remercions de leur confiance renouvelée.
Santé. L'hypnose médicale, "efficace à 100 % sur les gens volontaires" Olivier Fleureaux, médecin-anesthésiste pratique l'hypnose médicale depuis quinze ans. A la clinique chirurgicale de la Porte de l'Orient, à Lorient, il permet à des patients de subir des interventions sans anesthésie ou d'éviter l'anesthésie générale. Rien de magique ou de spectaculaire dans la discipline : le patient est bien présent mais dans sa bulle. Explications.

Pourquoi ? Comment ?
C'est quoi, l'hypnose ?
« Ce n'est pas le sommeil »
, pose d'emblée Olivier Fleureaux, médecin anesthésiste-réanimateur à la clinique mutualiste.
« Avec l'hypnose, on est au coeur de la relation médicale, estime Olivier Fleureaux, anesthésiste-réanimateur. Il y a vraiment une relation de confiance qui s'installe entre le patient et le praticien | Ouest-France

« Il s'agit de faire revivre au patient, qui est en pleine conscience, une expérience positive. On est dans ses repères, son temps personnel, ses ressources. L'hypnose, phénomène naturel, est un outil parmi d'autres. Elle est efficace à 100 %, seulement sur les gens qui sont volontaires. On ne peut pas l'imposer. »
Pour quels types d'intervention ?
« Elle se prête bien aux chirurgies de la carotide, des varices, de la thyroïde, la chirurgie inguinale, celle de l'incontinence urinaire chez la femme,
décrit le Dr Fleureaux, qui pratique l'hypnose depuis une quinzaine d'années. L'hypnose permet ainsi de se passer d'anesthésie générale. Elle est toutefois toujours accompagnée d'une anesthésie locale. »

Quels sont les intérêts de l'hypnose ?
« Le patient subit moins les effets des analgésiques, il récupère plus vite, il est moins douloureux, moins anxieux avant et après l'intervention. »

Comment cela se passe-t-il au bloc ?
En fait, tout commence bien avant. Le chirurgien voit son patient. Si l'intervention se prête à l'hypnose, le praticien l'évoque. Si la personne est demandeuse, lors d'une consultation, l'anesthésiste lui explique en quoi cela consiste. « Nous trouvons ensemble ce qui, dans son expérience, son vécu, est pertinent. » Ce qui lui fait du bien, l'apaise. Une promenade, une sortie en mer, etc.
Le jour de l'intervention, « on place le patient dans sa bulle hypnotique ». En quelque sorte, la conversation démarrée en consultation se poursuit au bloc, tandis que l'équipe s'installe. « On est dans un phénomène de dissociation : le patient est à la fois dans une salle d'intervention et dans une expérience passée », indique Olivier Fleureaux. Quand l'opération est terminée, l'hypnose l'est aussi.

Combien d'interventions sous hypnose ?
A la clinique mutualiste, si les actes sous hypnose sont plutôt en augmentation, le recours à cette technique demeure toutefois « largement minoritaire ».

Existe-t-il d'autres déclinaisons de l'hypnose ?
Pour l'annonce d'un cancer, par exemple. « Là, on parle d'hypnose thérapeutique pour accéder à des ressources qu'on peut avoir perdues, détaille Olivier Fleureaux. On peut également y avoir recours pour évoluer dans la vie, tout simplement. »
Mardi 2 octobre, de 19 h à 21 h 30, UBS (Paquebot, amphi Massiac), rue Jean-Zay.

Conférence territoriale de santé, avec la participation des praticiens du Groupe hospitalier Bretagne-Sud, de Kerpape, de la clinique mutualiste et de libéraux. Entrée libre et gratuite.
- Redon.maville.com
L'hypnose accompagne davantage de patients en chirurgie cardiaque - Actusoins actualité infirmière Des infirmiers du CHU de Lille pratiquent l'hypnose auprès de patients opérés pour un remplacement mini-invasif de valve aortique depuis la mi-septembre. Une première qui permet de limiter l'emploi de produits antalgiques et anesthésiques.

Le remplacement d'une valve aortique « sous hypnose » à l'Institut cœur poumon (ICP) du CHU de Lille, mi septembre, a fait grand bruit. On a même entendu parler d'« opération à cœur ouvert sous hypnose » ou du remplacement de l'anesthésie par l'hypnose... S'il n'en est rien dans les faits - et heureusement! - il est vrai en revanche que l'hypnose a permis pour la première fois de ne pas avoir à recourir à une anesthésie générale mais locale et de réduire la médication du patient lors du remplacement d'une valve aortique par voie percutanée (Tavi).
Une intervention qui s'est déroulée à plusieurs reprises depuis. Pour les infirmiers qui ont pratiqué l'hypnose dans ce cadre, ce n'était pas la première fois. Plusieurs de ceux qui travaillent sur le plateau technique interventionnel de l'Institut cœur poumons sont formés à l'hypnose. Ils la pratiquent, comme c'est le cas dans d'autres établissements, en rythmologie lors de la pose de défibrillateur ou de pacemaker, d'ablations par radiofréquence, sous anesthésie locale, ou lors de l'induction d'une anesthésie générale, explique Amélie Lesieu, infirmière au plateau technique interventionnel de l'ICP, où se sont déroulées les interventions. Dans le cas de la procédure Tavi, cette technique a été employée ici pour la toute première fois.

Une première
« L'hypnose nécessite la coopération du patient, ajoute Amélie Lesieu. Si le patient n'en a pas envie, on ne peut pas l'induire, c'est-à-dire l'amener à une état de conscience modifiée. » Les infirmiers formés à l'hypnose et le chirurgien l'ont donc proposée aux trois patients déjà opérés la veille de l'intervention. Comme cette patiente de plus de 80 ans que Frédéric Leenknegt, IADE et faisant fonction de cadre de santé du plateau technique, a accompagné en hypnose lors du remplacement de sa valve, début octobre. « Elle était très anxieuse, raconte-t-il. On a évoqué l'actualité, puisque la première intervention, mi septembre, avait été très médiatisée. Nous l'avons assurée que les médicaments seraient prêts et disponibles au cas où cela ne fonctionnerait pas. » Ensuite, les soignants discutent « à bâtons rompus avec la personne, ajoute l'infirmier. On la fait parler de ses hobbies, de ses passions, de sa vie, de sa famille, des endroits qu'elle aime... des sujets qui nous donnerons des pistes pour le lendemain. » Cette discussion permet aussi de repérer les « canaux sensoriels » (visuel, auditif, olfactif...) auquel le patient est le plus sensible, ajoute Amélie Lesieu.

Le jour J, l'infirmière ou l'infirmier qui doit pratiquer l'hypnose durant l'intervention retrouve le patient bien en amont - il est mobilisé avant et pendant toute l'intervention. Cette phase se déroule sur un mode « conversationnel », souligne Frédéric Leenknegt. « On échange, on parle très calmement, poursuit-il. On demande au patient s'il est bien installé, on lui explique comment les choses vont se passer en gommant au maximum tout ce qui peut être perçu comme négatif ou source de stress. » Peu à peu, l'hypnose vise à l'amener dans un état de relaxation et de détente profond, la transe, qui l'aidera à gérer voire annihiler son stress. Ensuite, soit l'hypnose se poursuit en mode conversationnel -l'infirmière et le patient échangent, soit le patient se laisse aller au son de ses paroles, yeux fermés, sans parler.
Grâce à la discussion de la veille avec le patient, et « après avoir créé une alliance avec lui, NDLR), on va insister sur ses canaux sensoriels préférés pour faire en sorte que la transe soit la plus profonde possible », ajoute Amélie Lesieu.
 
Transposer les sensations désagréables
A chaque étape de l'intervention, l'infirmière ou l'infirmière associe à la transe les sensations physiques ou les bruits que le patient peut percevoir. Le chirurgien peut d'ailleurs les prévenir d'un geste potentiellement algique comme le passage des guides de 6mm de diamètre ou quand le cœur du patient est fortement stimulé. Malgré l'anesthésie locale, « les patients ont conscience qu'il se passe quelque chose au niveau de leur artère fémorale », remarque Hélène Sergeant, l'infirmière qui a « hypnotisé » les deux premiers patients. « Il faut que le patient puisse identifier la sensation à quelque chose de positif », précise-t-elle.
Pour l'une, assistante maternelle, elle a évoqué la vision et la sensation d'un petit enfant joyeux qui saute sur ses genoux. Son collègue a suggéré à une autre patiente qui adore les roses la sensation de piqure qui peut survenir quand on veut la saisir pour sentir son parfum. Ces évocations permettent aux patients de « s'évader et de transposer la sensation dans quelque chose de non douloureux voire d'agréable », ajoute Hélène Sergeant. Cela semble avoir bien fonctionné pour les trois premiers patients concernés. « Aucun rictus de douleur n'est apparu sur leur visage, ajoute-t-elle. Ils se sont laissés emporter dans leurs meilleurs souvenirs. »

Plus anxieuse, la patiente de l'IADE a préféré rester en contact conversationnel avec lui.
A chaque intervention, de toute façon, « pour le bien-être du patient et notre propre tranquillité esprit, on prévoit tous les produits qu'on a l'habitude d'utiliser afin de les avoir sous la main en cas de besoin », précise Hélène Sergeant. Ils n'ont apparemment pas été nécessaires. Les patients ont donc évité l'anesthésie générale, ses risques et ses suites, qui imposent une hospitalisation et une surveillance spécifiques. Ils ont également reçu  moins de produits morphiniques, anxiolytiques ou sédatifs, non dénués d'effets secondaires. Avec à la clé un rétablissement potentiellement plus rapide. « Nous espérons mettre en place un projet pour former le plus de personnes possible », ajoute Frédéric Leenknegt, afin que cette approche puisse être employée tout au long de la prise en charge des patients.
Olivia Dujardin


Cardiopathies congénitales en service de réanimation

Formation Hypnose Medicale - lundi 29 octobre 2018 - 16:51
Par Karine CAMPISTRON, Infirmière depuis 2001 et en réanimation des cardiopathies congénitales de l’enfant et de l’adulte depuis 2012 au CHU de Bordeaux, et Elodie PREVOT, Infirmière anesthésiste depuis 2001. Revue Hypnose & thérapies brèves n°50 Nous travaillons dans le service de réanimation des cardiopathies congénitales de l’adulte et de l’enfant de l’hôpital Haut-Lévêque au CHU de Bordeaux. Dans ce service l’accompagnement des patients en réanimation est très complexe. Les patients, adultes comme enfants, y sont très techniqués (cathéters, drains, électrodes, sondes, canules...). Malgré cette hypertechnicité, le contrôle de la douleur a toujours été prépondérant et il nous semblait que le soin antalgique était réalisé de manière optimale.

Toutefois, nous remarquions bien qu’aucun médicament n’était réellement efficace pour aider ces enfants terrorisés par les soins. Aucun antalgique, aucun anxiolytique ne soulageait totalement ces adolescents et ces adultes angoissés par l’ablation des drains thoraciques1. Expérience d’autant plus traumatisante qu’ils l’avaient parfois déjà vécue, une ou plusieurs fois, dans leur parcours de patient. Le souvenir douloureux restait omniprésent. Et que proposer à ces patients tétanisés par la douleur d’une thoracotomie ? L’une des chirurgies les plus douloureuses.
Par exemple, pour le retrait des drains thoraciques et péricardiques, seul le recours à l’anesthésie générale permettait d’être efficace sur la douleur, mais en compliquant le soin et en rallongeant même parfois l’hospitalisation. En recherche d’une alternative moins agressive, nous nous sommes tournés vers les techniques antalgiques non médicamenteuses et l’hypnose est devenue une évidence. Il s’agissait d’utiliser un outil thérapeutique ludique et efficace, une technique adaptée aux différentes populations à soigner : les enfants et les adultes.

Ainsi l’hypnose est entrée dans notre service, au début très discrètement. Nous nous sommes formées par le biais d’un DIU d’Hypnose médicale et thérapeutique. A la suite de ce DIU, une dizaine d’infirmières ont pu suivre la formation de prise en charge de la douleur par l’hypno-analgésie dispensée au CFPPS5 de Bordeaux. L’idée d’un nouveau mode de communication a fait son entrée en réanimation. Peu à peu, les termes négatifs, les mots qui évoquent le froid, les piqûres, les coupures, se sont raréfiés dans notre discours. Ces habitudes, ancrées dans le langage soignant, ont été petit à petit éliminées de nos propos.

Ainsi la phrase typique « ne vous inquiétez pas, ça ne va pas faire mal, c’est juste une petite piqûre... » a tout simplement disparu. Nos pratiques ont été bouleversées, nous avons cessé de prévenir les patients, juste au moment des soins douloureux : « attention, je pique ! », préférant les laisser dans leur zone de confort. Nos propos se sont saupoudrés de mots de protection, de bienveillance, de bien-être, de chaleur, de confort... Notre positionnement, notre posture, notre discours, dans cet univers si technique et spécifique du post-opératoire de chirurgie cardiaque, se sont transformés.

L’équipe « d’hypno-infirmière » devenant plus nombreuse au fil des ans, nous avons commencé à développer l’hypnose conversationnelle et l’hypnoanalgésie de manière plus systématique. Nous sommes passés d’une pratique occasionnelle à une pratique quasi quotidienne. Rapidement les soignants on fait part de la difficulté de trouver des idées pour se lancer et proposer une séance sans vraiment connaître le patient, sans connaître ses goûts, ses canaux sensoriels prédominants, son VAKOG. La difficulté était d’autant plus grande dans les situations où le patient conscient ne peut communiquer (intubation consciente).
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La conspiration du silence: Tâches thérapeutiques. Guillaume DELANNOY, Vania TORRES-LACAZE et Annick TOUSSAINT
A partir de maintenant, et jusqu’à notre prochaine rencontre, je vais vous demander de ne plus du tout parler de votre problème, et ce à qui que ce soit. Vous pouvez bien entendu continuer à parler de tout autre sujet, mais plus un mot à propos de ces difficultés récurrentes que vous rencontrez. 
Conscience et guérison: le rôle du patient dans le processus de guérison. Dr Gérard VIGNERON
« Oui, vous aviez raison, c’est bien un lymphome. » Ces quelques mots prononcés par le chirurgien qui venait de recevoir les résultats de l’anatomo-pathologie des ganglions enlevés quelques jours auparavant, allaient provoquer en moi une espèce d’urgence à préciser le rôle et la place que doit prendre le patient dans le processus de guérison.
Note Cinquième selon François Roustang. Sylvie LE PELLETIER-BEAUFOND
Présentant un court texte lors d’une rencontre sur le thème de l’identité, François Roustang propose une réflexion sur ce qu’il titre « habitation ». Ce texte ne prétend pas aborder la question sou- levée ici d’un point de vue philosophique ou d’un point de vue social, il énonce une démarche thérapeutique en tout point originale.
Cardiopathies congénitales en service de réanimation. Karine CAMPISTRON
Nous travaillons dans le service de réanimation des cardiopathies congénitales de l’adulte et de l’enfant de l’hôpital Haut-Lévêque au CHU de Bordeaux. Dans ce service l’accompagnement des patients en réanimation est très complexe. Les patients, adultes comme enfants, y sont très techniqués (cathéters, drains, électrodes, sondes, canules...). 
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Et si l’hypnose était non seulement praticable, mais présentait un intérêt majeur chez un patient douloureux en état de coma vigile ? 
Devant l’absence d’évolution significative de Paul, une prise en charge à visée antalgique a été tentée pendant trois mois par un binôme hypnothérapeute-kinésithérapeute.
Hypnose en terrain humanitaire. Christine ALLARY
Au décours d’une mission de chirurgie maxillo-faciale, en situation anesthésique précaire avec l’association Les Enfants du Noma à Madagascar, l’idée s’est spontanément imposée à l’équipe d’anesthésie de mettre en place et bénéficier de l’outil hypnose au bloc opératoire. 
Médecin généraliste et Hypnose: Osez ! Dr Pierre Le Grand
Médecin généraliste, formé à l’hypnose médicale, je croise d’autres médecins qui ont cet outil dans leur sacoche. Certains s’en servent, d’autres moins. Ils invoquent alors tout un tas de raisons : pas le temps, pas de reconnaissance de l’acte, pas facile à concilier avec l’organisation du cabinet...
Au quotidien: La pratique de l'hypnose en médecine générale. Dr Salomon HAYOUN
Près de seize ans après ma formation à l’hypnose médicale auprès de Jean-Marc Benhaiem et de l’influence philosophique de François Roustang, il m’est agréable de m’interroger sur ma pratique de l’hypnose en médecine générale. Outre la transformation personnelle qu’il est classique d’exprimer comme tous ceux qui ont été initiés à l’hypnose, j’aborderai ici mes rapports aux patients, à la maladie et ma position en tant que soignant. 
Phénoménologie de la transe en médecine générale. Dr Daniel Quin
Médecin généraliste pratiquant l’hypnose depuis quinze ans, en cabinet libéral, cette activité spécifique représente à ce jour 80 % de mes consultations. Je suis confronté régulièrement à des demandes de sevrage tabagique, à des phobies de toutes sortes, des troubles anxieux, des insomnies, des pulsions alimentaires, des comportements addictifs (alcool, drogues, jeux), à de la préparation à des concours ou des épreuves sportives. 
Hypnose et médecine générale. Dr Gérard FITOUSSI
« La médecine générale est une médecine de l’individu dans son environnement naturel. L’objectif premier de la médecine est le soin du patient. Tout comme la médecine en général, la médecine générale est une discipline qui fait appel à des données biomédicales et techniques. Cependant ces seules données sont insuffisantes pour répondre à toutes les demandes de soins des patients.
« L’hypnose, on commence quand ? » Dr Stefano Colombo, Revue Hypnose et Thérapies brèves 50
Ce qui me gêne ? Je souffre de crises de panique, docteur. C’est horrible. Cela me prend d’un coup, quand je les attends le moins du monde. - Parce que vous les attendez ? - J’y suis tellement habitué que je sais d’avance qu’elles vont venir. - Vous êtes donc prévenu ! - Tout en ne sachant pas quand elles viennent. 
Interview du Dr Dominique Megglé par le Dr Gérard FITOUSSI
Votre parcours professionnel est impressionnant, pouvez-vous nous donner un aperçu ? Dominique Megglé : Servir ! Je me suis engagé dans l’armée pour servir la France. Pendant la Seconde Guerre mondiale, mon père, résistant, a été arrêté et torturé par les nazis, puis déporté à Buchenwald. Et comme je suis né au Maroc et que mon enfance en a été bercée, je voulais retrouver ma chère Afrique.
Hypnose et écriture: "146 boulevard Haussmann", l'ouvrage de Maurice Soustiel
Compte rendu par Sophie COHEN. Il est rare que je parle d’un récit et voici que cette rubrique fait exception pour l’excellent livre de Maurice Soustiel. Maurice Soustiel pratique l’hypnose dans sa consultation à l’hôpital. Il me dit sans l’hypnose, ce livre n’aurait jamais vu le jour parce que penser le passé jusqu’à l’écrire est extrêmement thérapeutique.
Notes de lecture par Christine GUILLOUX
La clé des cœurs : Contes et mystères en pays amoureux, Henri Gougaud
Dernière livraison de notre ami Henri Gougaud, le conteur par lequel l’on renaît sans cesse, par lequel on se nourrit comme on se sourit, par lequel l’on sait transformer les menaces en miracles.
Initiation à la thérapie brève orientée vers les solutions : En dix leçons 
Comptes rendus par Sophie COHEN
Un guide court et clair qui décrit les outils de thérapies brèves. En passant par la définition des objectifs et la question miracle, dix outils sont développés et ce en une centaine de pages. Avec cette synthèse, on ne peut plus dire que l’on n’a pas le temps de lire !

Note Cinquième selon François Roustang. Sylvie LE PELLETIER-BEAUFOND

Hypnose Ericksonienne - lundi 29 octobre 2018 - 16:15
Revue Hypnose & Thérapies brèves n)50 HABITER SON CORPS
Présentant un court texte lors d’une rencontre sur le thème de l’identité, François Roustang propose une réflexion sur ce qu’il titre « habitation ». Ce texte ne prétend pas aborder la question sou- levée ici d’un point de vue philosophique ou d’un point de vue social, il énonce une démarche thérapeutique en tout point originale. Ce court texte en effet pourrait dé- finir en quelques mots le travail qui selon notre auteur s’effectue en thérapie par l’hypnose : habiter son corps comme habiter son existence.

En voici quelques extraits : « Si donc vous voulez trouver votre identité, c’est- à-dire votre propre nom, votre propre es- prit, votre propre corps, votre propre espace, le mieux est de ne pas le chercher, vous risqueriez de courir après votre ombre. Car votre identité est déjà là. N’avez-vous pas un nom, un corps, un espace ? Alors qu’attendez vous ? Rendez-vous à votre nom, à votre corps qui est esprit, à votre espace et installez-vous là comme en votre maison. [...] N’avez-vous pas un volume ? [...] Si vous vous déplacez, vous gardez le même volume et nulle autre personne ne peut le remplir. C’est là une vérité première qu’il ne faudrait surtout pas considérer comme ridicule. Elle est décisive. [...] Ce volume, [...] c’est votre corps. [...] Si, par hasard, vous abandonnez les coordonnées newtoniennes, l’espace et le temps uniforme, [...] vous vous apercevrez que votre corps se meut dans un espace habité, bien mieux, que le corps véritablement humain crée un espace humain, [...] que votre corps dispose de sa propre maison partagée peut-être avec d’autres, [...] que cet espace est celui de l’entre-rencontre. [...] On peut habiter sa maison, sa ville, son pays comme on habite son corps et sans doute parce qu’on a pris d’abord la peine d’habiter son corps. »
« Habitation », Conférence-Fondation Ling, Lausanne, avril 1997.

HABITER SON CORPS ?
Le corps est mû par la vie, animé par la psyché et indissociable d’elle, précise François Roustang. Il n’est de séparation corps-esprit pas plus qu’il n’y a de psy- chisme qui serait, d’une façon ou d’une autre, opposé au corps. Il n’est que « corps intelligent » : un corps compris dans l’espace du présent, un corps en relation, un corps en action ; la pensée lui est rapportée, en cela il est « un corps qui pense avant même la parole ». C’est pourquoi, en thé- rapie, la position correcte du corps engage ou signe la guérison. On observe bien dans le cadre des thérapies familiales, rap- pelle notre auteur, l’espace relationnel qui se dessine entre les corps en présence, car il offre des indices quant aux spécificités de chacun et aux interactions entre les personnes. La constatation de modifications de cet espace relationnel dévoile ainsi des changements au sein des liens familiaux. De même et de manière générale, le corps est un indice de la position que prend l’individu dans son environnement et de son interaction avec les éléments en présence. Une position défectueuse du corps est alors une « maladie humaine », pour François Roustang, car elle ne permet plus d’avoir une interaction positive avec les autres. Ainsi, est- il nécessaire d’habiter son corps, de lui redonner l’ampleur de ses assises et la fluidité des interactions. Habiter son corps, c’est encore habiter son espace, sa place, son contexte, son présent. Ce qui est at- tendu dans la thérapie est une modification dans l’instant, une mise en mouvement, un geste. Cela advient lorsqu’en prenant sa place, le corps, de sa position juste, peut agir, à condition toutefois de « faire taire la pensée et l’explication de la situation ».
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La conspiration du silence: Tâches thérapeutiques. Guillaume DELANNOY, Vania TORRES-LACAZE et Annick TOUSSAINT
A partir de maintenant, et jusqu’à notre prochaine rencontre, je vais vous demander de ne plus du tout parler de votre problème, et ce à qui que ce soit. Vous pouvez bien entendu continuer à parler de tout autre sujet, mais plus un mot à propos de ces difficultés récurrentes que vous rencontrez. 
Conscience et guérison: le rôle du patient dans le processus de guérison. Dr Gérard VIGNERON
« Oui, vous aviez raison, c’est bien un lymphome. » Ces quelques mots prononcés par le chirurgien qui venait de recevoir les résultats de l’anatomo-pathologie des ganglions enlevés quelques jours auparavant, allaient provoquer en moi une espèce d’urgence à préciser le rôle et la place que doit prendre le patient dans le processus de guérison.
Note Cinquième selon François Roustang. Sylvie LE PELLETIER-BEAUFOND
Présentant un court texte lors d’une rencontre sur le thème de l’identité, François Roustang propose une réflexion sur ce qu’il titre « habitation ». Ce texte ne prétend pas aborder la question sou- levée ici d’un point de vue philosophique ou d’un point de vue social, il énonce une démarche thérapeutique en tout point originale.
Cardiopathies congénitales en service de réanimation. Karine CAMPISTRON
Nous travaillons dans le service de réanimation des cardiopathies congénitales de l’adulte et de l’enfant de l’hôpital Haut-Lévêque au CHU de Bordeaux. Dans ce service l’accompagnement des patients en réanimation est très complexe. Les patients, adultes comme enfants, y sont très techniqués (cathéters, drains, électrodes, sondes, canules...). 
La rééducation en éveil de coma: Intérêt de l'Hypnose. Marie-Pierre BERTINET et Céline DEFACHELLE
Et si l’hypnose était non seulement praticable, mais présentait un intérêt majeur chez un patient douloureux en état de coma vigile ? 
Devant l’absence d’évolution significative de Paul, une prise en charge à visée antalgique a été tentée pendant trois mois par un binôme hypnothérapeute-kinésithérapeute.
Hypnose en terrain humanitaire. Christine ALLARY
Au décours d’une mission de chirurgie maxillo-faciale, en situation anesthésique précaire avec l’association Les Enfants du Noma à Madagascar, l’idée s’est spontanément imposée à l’équipe d’anesthésie de mettre en place et bénéficier de l’outil hypnose au bloc opératoire. 
Médecin généraliste et Hypnose: Osez ! Dr Pierre Le Grand
Médecin généraliste, formé à l’hypnose médicale, je croise d’autres médecins qui ont cet outil dans leur sacoche. Certains s’en servent, d’autres moins. Ils invoquent alors tout un tas de raisons : pas le temps, pas de reconnaissance de l’acte, pas facile à concilier avec l’organisation du cabinet...
Au quotidien: La pratique de l'hypnose en médecine générale. Dr Salomon HAYOUN
Près de seize ans après ma formation à l’hypnose médicale auprès de Jean-Marc Benhaiem et de l’influence philosophique de François Roustang, il m’est agréable de m’interroger sur ma pratique de l’hypnose en médecine générale. Outre la transformation personnelle qu’il est classique d’exprimer comme tous ceux qui ont été initiés à l’hypnose, j’aborderai ici mes rapports aux patients, à la maladie et ma position en tant que soignant. 
Phénoménologie de la transe en médecine générale. Dr Daniel Quin
Médecin généraliste pratiquant l’hypnose depuis quinze ans, en cabinet libéral, cette activité spécifique représente à ce jour 80 % de mes consultations. Je suis confronté régulièrement à des demandes de sevrage tabagique, à des phobies de toutes sortes, des troubles anxieux, des insomnies, des pulsions alimentaires, des comportements addictifs (alcool, drogues, jeux), à de la préparation à des concours ou des épreuves sportives. 
Hypnose et médecine générale. Dr Gérard FITOUSSI
« La médecine générale est une médecine de l’individu dans son environnement naturel. L’objectif premier de la médecine est le soin du patient. Tout comme la médecine en général, la médecine générale est une discipline qui fait appel à des données biomédicales et techniques. Cependant ces seules données sont insuffisantes pour répondre à toutes les demandes de soins des patients.
« L’hypnose, on commence quand ? » Dr Stefano Colombo, Revue Hypnose et Thérapies brèves 50
Ce qui me gêne ? Je souffre de crises de panique, docteur. C’est horrible. Cela me prend d’un coup, quand je les attends le moins du monde. - Parce que vous les attendez ? - J’y suis tellement habitué que je sais d’avance qu’elles vont venir. - Vous êtes donc prévenu ! - Tout en ne sachant pas quand elles viennent. 
Interview du Dr Dominique Megglé par le Dr Gérard FITOUSSI
Votre parcours professionnel est impressionnant, pouvez-vous nous donner un aperçu ? Dominique Megglé : Servir ! Je me suis engagé dans l’armée pour servir la France. Pendant la Seconde Guerre mondiale, mon père, résistant, a été arrêté et torturé par les nazis, puis déporté à Buchenwald. Et comme je suis né au Maroc et que mon enfance en a été bercée, je voulais retrouver ma chère Afrique.
Hypnose et écriture: "146 boulevard Haussmann", l'ouvrage de Maurice Soustiel
Compte rendu par Sophie COHEN. Il est rare que je parle d’un récit et voici que cette rubrique fait exception pour l’excellent livre de Maurice Soustiel. Maurice Soustiel pratique l’hypnose dans sa consultation à l’hôpital. Il me dit sans l’hypnose, ce livre n’aurait jamais vu le jour parce que penser le passé jusqu’à l’écrire est extrêmement thérapeutique.
Notes de lecture par Christine GUILLOUX
La clé des cœurs : Contes et mystères en pays amoureux, Henri Gougaud
Dernière livraison de notre ami Henri Gougaud, le conteur par lequel l’on renaît sans cesse, par lequel on se nourrit comme on se sourit, par lequel l’on sait transformer les menaces en miracles.
Initiation à la thérapie brève orientée vers les solutions : En dix leçons 
Comptes rendus par Sophie COHEN
Un guide court et clair qui décrit les outils de thérapies brèves. En passant par la définition des objectifs et la question miracle, dix outils sont développés et ce en une centaine de pages. Avec cette synthèse, on ne peut plus dire que l’on n’a pas le temps de lire !
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Conscience et guérison: le rôle du patient dans le processus de guérison

Hypnose Ericksonienne - lundi 29 octobre 2018 - 15:15
Par le Dr Gérard VIGNERON, Médecin, hypnothérapeute formé à l’AFEHM auprès de François Roustang et de Jean-Marc Benhaiem. Revue Hypnose & Thérapies brèves n°50 « Oui, vous aviez raison, c’est bien un lymphome. » Ces quelques mots prononcés par le chirurgien qui venait de recevoir les résultats de l’anatomo-pathologie des ganglions enlevés quelques jours auparavant, allaient provoquer en moi une espèce d’urgence à préciser le rôle et la place que doit prendre le patient dans le processus de guérison.

Ce processus reste fort mystérieux, il n’existe pas de recettes miracles pour le stimuler et de plus « guérir » n’a pas la même signification pour chacun d’entre nous. Pour certains la guérison sera définie par la disparition d’un symptôme ou d’une maladie aussi grave soit-elle. Pour d’autres, elle consistera à trouver un équilibre, non seulement physique, mais aussi émotionnel. Pour d’autres enfin, la guéri- son sera synonyme d’un changement radical dans leur façon d’être, dans leur rapport avec les autres, avec le monde. Cela peut même se traduire pour eux par la dé- couverte d’une dimension insoupçonnée, grâce à une expérience que certains définissent comme étant une expérience holotropique, c’est-à-dire une expérience qui amène à une sensation de ne faire qu’un avec un Tout.

Chacun doit donc trouver comment se mettre en chemin vers la guérison. Ce n’est pas une mince affaire, car il n’y a pas de protocole préétabli, de chemin tout tracé et le résultat n’est jamais garanti. Néanmoins, ceux qui arrivent à bon port et qui se guérissent d’une maladie grave partagent un trait commun : ils ont su mobiliser « la force qui est en chacun de nous et qui est notre plus grand médecin »1, ils ont su éveiller leur guérisseur intérieur.

LE GUÉRISSEUR INTÉRIEUR
Mais que signifie ce terme ? Que représente-t-il ? Que recouvre-t-il ? Il n’a rien de scientifique, fait peut-être un peu New Age et pourtant il revêt pour moi une grande importance. C’est un processus dynamique immatériel fort mystérieux, mais qui va devenir le véritable chef d’orchestre dans l’environnement soignant que je dois, en tant que patient, mettre en place.

Pour le mobiliser, je ne possède aucune ordonnance miracle, ni recette, ni pilule, mais je ne suis pas pour autant une « machine biologique impuissante ». Il ne s’agit pas non plus de me considérer comme tout puissant (je dois accepter de me faire aider), mais il est indéniable que je dois prendre toute ma part dans le processus de guérison.

Deux concepts développés par la science, la neuroplasticité et l’épigénétique, viennent conforter cette conviction.
Le concept de neuroplasticité rend compte de cette extraordinaire capacité que nous avons à moduler non seulement l’activité de notre cerveau, mais aussi sa structure. Notre cerveau est « plastique ». Toute expérience le module, le transforme. Il n’est pas une boîte noire dont le fonctionnement serait totalement indépendant de notre vécu et ne pourrait pas être modifié. Au contraire, nos états d’esprit, nos pensées, nos émotions, tout ce qui définit notre état d’être y tiennent une place centrale. Ils ont certainement été des facteurs favorisant la maladie, mais ils peuvent aussi, si nous par- venons à les modifier, stimuler nos capacités innées de guérison.

L’épigénétique est le deuxième concept qui explique notre possibilité d’action dans le processus de guérison. Il y a quelques années, on pensait qu’il était impossible d’avoir une action sur l’expression de notre capital génétique, considéré comme immuable. C’était le temps du « tout génétique ». Nous croyions alors être totalement déterminés par nos gènes. Une autre approche scientifique a vu le jour depuis quelques an- nées, c’est celle de l’épigénétique qui étudie comment l’environnement et l’histoire de l’individu influencent l’expression de ses gènes.

Il existe quatre facteurs qui ont une action capitale sur l’expression de nos gènes. Ce sont : la nourriture, l’exercice physique, la capacité à moduler les émotions et plus particulièrement la façon de contrôler le stress, la capacité à créer des relations sociales qui apportent du plaisir.
L’épigénétique nous donne donc des outils pour comprendre comment nous pouvons créer un environnement favorable à notre santé.
Exception faite, bien sûr, des personnes qui souffrent d’une maladie génétique (mais elles ne représentent pas plus de 5 % des êtres humains), nos pensées, nos intentions, nos croyances, nos émotions ont une action plus déterminante que notre programme génétique.

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La rééducation en éveil de coma: Intérêt de l'Hypnose

Formation Hypnose Medicale - mercredi 17 octobre 2018 - 08:38
Par Marie-Pierre BERTINET, Psychologue clinicienne, hypnothérapeute et thérapeute familiale systémique Céline DEFACHELLE, Ergothérapeute et Elodie GOERES, Kinésithérapeute. Revue Hypnose & Thérapies Brèves n°50 Et si l’hypnose était non seulement praticable, mais présentait un intérêt majeur chez un patient douloureux en état de coma vigile ?
Devant l’absence d’évolution significative de Paul, une prise en charge à visée antalgique a été tentée pendant trois mois par un binôme hypnothérapeute-kinésithérapeute. Les résultats ont montré pour le patient la possibilité d’entrer dans une transe hypnotique, et pour le kinésithérapeute une plus grande efficacité dans l’amplitude des étirements en infra-douloureux, une mobilisation active sur commande, puis à l’initiative du patient. Le processus hypnotique a contribué à l’installation d’un réveil moteur et d’une ébauche de communication.

Milton Erickson (1901-1980) développera, au décours de ses recherches, une méthode de concentration mentale basée sur un mouvement minimal. S’inspirant de ce travail, un binôme hypnothérapeute-kinésithérapeute a expérimenté, chez un patient en situation de conscience minimale suite à un accident de la voie publique, une alliance thérapeutique basée sur le processus hypnotique pendant les séances de rééducation. L’objectif initial visait la modulation de la douleur, et la possible activation des ressources cérébrales.

Pourquoi utiliser le processus hypnotique ? Nous appuyant sur les travaux de Patrick Bellet ayant utilisé l’outil hypnotique en centre de rééducation fonctionnelle avec des patients atteints neurologiquement, nous avons mis en place, à titre expérimental, des séances de rééducation en kinésithérapie couplée à de l’hypnose, auprès d’un patient en état de coma vigile. Les objectifs initiaux étaient de favoriser la qualité et le confort des séances de rééducation en diminuant les manifestations douloureuses observées sous forme de réactions d’opposition (grimaces, grincements de dents, hypertonie des membres supérieurs, etc.).

De façon empirique, deux séances par semaine, espacées de trois jours, ont été effectuées d’avril à juin 2015.Paul, âgé de 19 ans, a été victime d’un accident de la route en octobre 2014. Poly-traumatisé (hématome sous-dural gauche, œdème cérébral majeur ayant nécessité une craniotomie de décompression, fractures de l’humérus droit, de la clavicule gauche, du sacrum, des ailes iliaques bilatérales, et dislocation pubienne et compression de l’urètre), il entre au Centre de rééducation et de réadaptation fonctionnelles L’Espoir en décembre 2014 en état de coma vigile (échelle de Glasgow, entre 5 et 6).Le projet thérapeutique consistait initialement en une prise en charge pluridisciplinaire en kinésithérapie, ergothérapie, orthophonie et soins infirmiers, afin de stimuler le patient.

Le bilan initial fait état d’absence de commande volontaire, d’absence de communication, de spasticité hémi-corporelle gauche, avec des manifestations de douleurs à la mobilisation de l’épaule (grincements de dents, grimaces, grognements et réflexe de succion). Une évaluation de la douleur a été pratiquée à l’aide de l’Echelle comportementale de la douleur chez la personne âgée (ECPA) qui retrouve un score de 7/32. Celle-ci nous avait semblé pertinente en raison des items : expression du visage et mimiques, la recherche de positions antalgiques, les mouvements réalisés et la relation à autrui. A la mobilisation passive de l’épaule gauche, on retrouve une élévation à 30° alors qu’à droite l’élévation est obtenue jusqu’à 90°, l’abduction est de 35° (à droite 90°), la rotation externe est inexistante (30° à droite) et on retrouve un dé- faut d’extension du coude gauche de 110° (30° à droite).


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Troubles des apprentissages: Mémoire, émotion et neurosciences

Hypnose Ericksonienne - mercredi 12 septembre 2018 - 15:14
Par Amer SAFIEDDINE. Revue Hypnose & Thérapies Brèves n°49 La mémoire est une expérience émotionnelle dans l’espace et le temps. « La seule fois où j’ai vu ma mère pleurer, je mangeais une tarte aux pommes », disait Proust. Ce n’est pas seulement la surprise de voir sa mère pleurer qui interpellait l’auteur, mais le fait de se souvenir qu’il mangeait une tarte aux pommes ce jour- là ! La mémoire, allait-il ajouter, « c’est du temps incorporé », du temps inscrit en nous, dans notre corps. Deux faits qui n’avaient strictement aucun lien entre eux, mais qui avaient une forte dimension émotionnelle, se sont ainsi inscrits ensemble, gravés pour toujours dans la mémoire de l’écrivain. Pourquoi ? Parce que l’émotion de l’un avait entraîné l’autre dans son sillage. Qui n’a pas vécu de pareilles expériences ?

En 1973, dans mon collège au Liban, en classe de 3e, nous avions au programme la mise en place définitive de l’imparfait du subjonctif. Vaste programme pour des enfants dont c’était le dernier des soucis. Notre enseignant de français, après qu’il nous ait donné avec légèreté et humour les bases de cette règle séduisante, eut l’idée géniale de permettre à notre classe studieuse malgré tout, mais fort « dynamique », de pouvoir s’exprimer orale- ment et très librement, à deux conditions : que chaque phrase contienne un imparfait du subjonctif et... fasse rire l’assemblée. On n’en demandait pas plus.

Quarante-quatre ans après, à mon grand étonnement, j’ai toujours en mémoire cette règle. D’ailleurs, il suffit que je l’évoque dans n’importe quel contexte, pour que surgissent dans mon esprit l’endroit précis où j’étais assis en classe, l’angle où se trouvait notre professeur, les visages et les déclamations hilarantes de mes camarades, ainsi que l’heure de la journée. En 2011, j’eus la chance de retrouver quelques-uns de ces cama- rades, à nouveau réunis dans un restaurant autour de notre professeur, au regard toujours malicieux. Nous avions tous encore en mémoire cette fameuse et délicieuse matinée de classe. Et pour ma part, j’ai la conviction aujourd’hui qu’elle fut l’une des sources de mon orientation et choix professionnels.

En terme cérébral, au moment où le thalamus de Proust (et celui de mes camarades de classe) était stimulé par la dégustation de sa tarte aux pommes (et pour nous par la leçon de grammaire apprise avec humour), son amygdale l’a été par les pleurs de sa mère (la nôtre par le plaisir de l’hilarité générale). Comme l’amygdale est un appendice de l’hippocampe, la mémorisation simultanée des deux faits s’est associée de façon durable. Je lis déjà la surprise dans les yeux du lecteur : l’amygdale n’est-elle pas le siège de nos peurs ? Oui, mais chose moins connue, elle jouerait également un rôle dans la détection du plaisir. Rappelons en effet brièvement les fonctions du thalamus, de l’hippocampe et de l’amygdale.

Le thalamus serait impliqué à l’état de veille dans le transfert et filtrage des in- formations sensorielles périphériques spécifiques vers le cortex ; lors du sommeil lent, dans la déconnexion du cortex d’avec les stimulations sensorielles, et dans des processus de consolidation mnésique.

L’hippocampe fait partie du système limbique (dit émotionnel) et aurait trois fonctions principales : la mémoire durable, la navigation spatiale et l’inhibition du comportement.

L’amygdale fait également partie du système limbique et est impliquée dans la reconnaissance et l’évaluation de la valence émotionnelle des stimuli sensoriels, dans l’apprentissage associatif, et dans les réponses comportementales et végétatives associées, en particulier dans la peur et l’anxiété. Elle fonctionnerait comme un système d’alerte, et serait également impliquée dans la détection du plaisir, comme nous venons de l’évoquer plus haut.
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Trauma complexe: Apport de l'Hypnose. Olivier PIEDFORT-MARIN
Dans un article précédent, nous avons présenté les limitations de l’utilisation de l’hypnose avec les patients souffrant de trouble de stress post-traumatique complexe (TSPT-C). Cet article va maintenant présenter les techniques hypnothérapeutiques utiles voire indispensables avec ces patients, en particulier lors de la phase 1 du traitement, phase dédiée à la stabilisation, la réduction des symptômes et l’apprentissage de la régulation des affects. 
Troubles des apprentissages: Mémoire, émotion et neurosciences. Amer SAFIEDDINE
La mémoire est une expérience émotionnelle dans l’espace et le temps. « La seule fois où j’ai vu ma mère pleurer, je mangeais une tarte aux pommes », disait Proust. Ce n’est pas seulement la surprise de voir sa mère pleurer qui interpellait l’auteur, mais le fait de se souvenir qu’il mangeait une tarte aux pommes ce jour- là ! La mémoire, allait-il ajouter, « c’est du temps incorporé », du temps inscrit en nous, dans notre corps.
L'Hypnose en Ophtalmologie. Dr Robert BENHAMOU
En consultation et au bloc. La chirurgie en ophtalmologie est dominée par l’anesthésie topique. Simple, dosable, l’hypnose, cet outil de travail, se doit d’être enseignée. Or si la chirurgie est dans la majeure partie des cas absolument indolore, le symbole et la valeur émotionnelle de l’œil la rendent très anxiogène.
Le ventre, grenier à émotions. Une suggestion. Dr Jean DENIS
Pendant mes quarante ans de pratique de médecine générale, combien j’ai pu entendre de brillants élèves crier leur anxiété par leur ventre, et tous ces adultes à la recherche d’un régime sans gluten, sans lactose, et sans tout pour améliorer leur transit angoissé... 
Infertilité et Hypnose. Concerto pour un bébé. Claire MARIE-RODA
Voici le récit d’une thérapie réussie. Ce récit est une reconstruction après coup d’une thérapie. Et le récit après coup d’une thérapie réussie donne l’impression que tout a été magistralement orchestré par le thérapeute. Or, il n’en est rien.  Dans cette thérapie, c’est la patiente qui a très intelligemment tracé le chemin. Je n’ai fait que la suivre. Le Dr Dominique Megglé, auprès de qui j’ai appris l’hypnose, dit que lorsqu’on relit les notes d’une thérapie réussie, tout s’enchaîne à merveille. 

Note Quatrième selon François Roustang. Sylvie LE PELLETIER-BEAUFOND 
Qu’est-ce que l’hypnose ? interroge François Roustang, une fois les contours de sa vision du monde tracés. Au sein d’une cosmologie alors dessinée se dévoile l’im- portance de l’hypnose, l’hypnose en tant que phénomène universel, l’hypnose qui conduit à réinterroger radicalement l’es- sence de la thérapie. Mais arrêtons-nous sur le phénomène « hypnose ». 
Edito: Autour de la maternité. Dr Véronique WAISBLAT
La maternité nous concerne tous. Les couples à la recherche de l’accouchement idéal, la famille élargie. Et les soignants. La maternité est un moment de confrontation aux rêves, elle se doit d’être joie et bonheur. Pourtant difficultés et souffrances peuvent survenir. C’est là que l’accompagnement par l’hypnose déploie son potentiel. 
Apports de l’hypnose en consultations prénatales. Mélina SINGER
Comment soulager une patiente angoissée qui a des difficultés à supporter certains états de la grossesse comme les nausées, la fatigue, les douleurs ? Que proposer en cas de sciatalgies ou de douleurs ligamentaires ? Répondre à mes patientes que ce qu’elles ressentent est normal ne me satisfaisait pas.
Hypnose en salle de naissance. Delphine GERMAIN et Dr Véronique WAISBLAT
Sage-femme et anesthésiste ensemble il y a plus de dix ans lors de l’accompagnement de Madame L., nous avons constaté le bénéfice de l’utilisation d’interventions hypnotiques en salle de naissance. L’événement relaté ci-dessous nourrit notre réflexion sur l’amélioration de la vie quotidienne en salle de naissance, mais aussi sur le contraste avec le niveau de preuve scientifique donné par les études contrôlées randomisées. 
Accouchement personnel maison: Sortir des violences obstétricales. Isabelle IGNACE
C’est à partir de son expérience professionnelle et personnelle, qu’Isabelle Ignace témoigne. Je m’appuie sur mon expérience d’animation et de création d’un groupe de préparation à la naissance axé sur l’hypnoanalgésie mis en place dans le cadre de l’Unité d’évaluation et de traitement de la douleur et le Service de gynécologie-obstétrique de l’hôpital Robert-Debré Paris, entre 2008 et 2012, pour présenter l’évolution de mon cheminement en tant que soignante, ainsi que mon expérience en tant que femme ayant fait le choix d’un autre type d’accompagnement que celui de l’hôpital pour mes accouchements. 

Grossesse et accouchement: Communication Hypnotique. Dr Allan CYNA
Les cliniciens impliqués dans la grossesse et l’accouchement focalisent habituellement leur attention sur les avancées technologiques et pharmacologiques, et ils sous-estiment fréquemment l’importance que les patients accordent à la communication. Optimiser la communication améliore la satisfaction des patients, réduit les erreurs, les incompréhensions, la détresse des patients et les mises en cause des soignants pour négligence. 
Trois rituels de guérison. Apaisement avant ou après la naissance. Dr Christelle ROUX
Je suis obstétricienne et hypnopraticienne. Je souhaite consacrer cet article à décrire trois rituels d’aide à l’ancrage corporel que j’aime proposer à mes patientes souffrantes. Il s’agit de séances d’hypnose formelle. La séance est suivie d’un apprentissage du rituel parfois simplifié, afin qu’il puisse être répété quotidiennement de façon autonome : auto-hypnose. 
« Si j’avais su... ».Dr Stefano Colombo, Revue Hypnose et Thérapies brèves 49
Nous voici en plein printemps. La nature se réveille, les rayons du soleil ont repris de la couleur, les oiseaux leur chant et les fleurs nous sourient. Je regarde ma terrasse et je suis terrassé de tristesse : quatre brins d’herbe et un vieux rosier plein de rhumatismes, d’arthrose, tout tordu, dont les branches sont davantage des bouts de bois pour la cheminée que les ambassadeurs d’une verte jeunesse. 
A deux mains dans la neige. Sophie COHEN et Véronique BONNET
La neige fraîche crisse sous les chaussures. Neige blanche, neige chaude dans nos cœurs... Aux pieds, de grosses chaussures, tu sais celles qui me mettent les pieds au chaud, bien à l’abri... celles qui permettent ces longues promenades... Nous, bien accrochés au sol... oui, bien sûr, derrière soi les traces... celles de nos pas... 
Merci, au revoir. Dr Adrian Chaboche
Cher lecteur, Si dans le précédent numéro nous avons pu mettre les pieds dans le vide de l’angoisse phobique afin d’y rechercher de quoi y prendre appui (le traitement de la phobie à considérer comme ce qui nous relie à vivre), c’est pour permettre au thérapeute lui-même d’accepter de se plonger dans l’inconnu.

Hypnose: le pouvoir des odeurs. Dr Dina ROBERTS
Pourquoi ne pas plus utiliser l’odorat en hypnose ? Alors que nous nous appuyons sur les images, les sons, les sensations cénesthésiques, nous délaissons plus sou- vent les odeurs et les goûts (qui dépendent directement de l’odorat). Nous oublions ainsi fréquemment deux de nos cinq sens, alors qu’ils offrent un accès direct à la mémoire et aux émotions et pourraient donc être particulièrement intéressants pour notre pratique. 
Entretien de Martin Wall, Président de European Society of Hypnosis
Interview par Gérard FITOUSSI. Bonjour Martin, pouvez-vous nous parler de votre parcours personnel et professionnel ? Martin Wall : Je suis diplômé en chirurgie dentaire de l’University College de Londres en 1973. J’ai développé une approche globale de la pratique dentaire dans ma ville du Mid Devon. J’exerce maintenant comme maître de conférences et superviseur clinique à l’Université Peninsula de Médecine et Dentisterie.
Couleur Chronique, Jean-Michel Hérin
Compte-rendu par Henri BENSOUSSAN. La première phrase du livre de Jean-Michel Hérin nous dit tout sur le propos de l’auteur : « Ce livre est le reflet instantané de mon cheminement au moment de son écriture, en 2014. » Un peu plus loin, il précise : « Il s’agit simplement d’une réflexion sur la manière dont on observe des expériences, professionnelles ou personnelles, artistiques, des enseignement, des lectures, et dont on les utilise dans la pratique quotidienne. » 

Etre là, sous la direction du Dr Marc Galy
Compte rendu par Sophie COHEN. Marc Galy, anesthésiste utilisant l’hypnose dans sa pratique, réunit douze auteurs venus d’univers différents qui écrivent sur cette thématique. Ce petit livre par son format ne l’est pas dans son contenu. Chacun dans sa spécialité nous amène à explorer sa relation au « présent ». 

Diffusé par hypnose-ericksonienne.org

A deux mains dans la neige. Sophie COHEN et Véronique BONNET

Hypnose Ericksonienne - mercredi 12 septembre 2018 - 14:57
Revue Hypnose & Thérapies Brèves n°49 La neige fraîche crisse sous les chaussures. Neige blanche, neige chaude dans nos cœurs... Aux pieds, de grosses chaussures, tu sais celles qui me mettent les pieds au chaud, bien à l’abri... celles qui permettent ces longues promenades... Nous, bien accrochés au sol... oui, bien sûr, derrière soi les traces... celles de nos pas...
Il fait frais, je me sens dans un univers sans couleur, tout effacé par le blanc. Le blanc présent, tout autour. De près et de loin, ce blanc où toutes les teintes et leurs reflets se mêlent... Regardons bien, avec attention... est-ce vraiment blanc ? bleuté ? doré ? Rapproche-toi doucement, tu peux voir et apprécier toutes ces nuances sub- tiles... quelle beauté ! D’une beauté qui fait du bien, qui apaise... d’une beauté qui pro- duit ces sons du silence si intenses. Avec tes yeux de velours... tu observes se dé- ployer là toutes les couleurs de l’arc-en- ciel dans chaque flocon... La beauté tout autour se donne à toi qui sait regarder...
Les flocons tombent des arbres avec un léger frou-frou d’ailes d’oiseau. Les oiseaux délicatement glissent sur la neige, d’autres s’envolent et avec eux une pluie de neige s’envole et descend sur nos têtes !
L’air est feutré, presque mat. Délicat, doux, quelle heure est-il ? On perd nos re- pères... L’air, la lumière intensément ta- misée. Au fait, depuis quand marche-t- on ? On se retourne, plus de traces car la neige continue son beau ballet et recouvre...
Dans le jardin, je fais comme le chat :
« Je contemple la neige et je suis là. » Le chat pose à peine ses pelotes, il sent le froid et se met bien vite là... là où c’est confor- table et doux... Doux son pelage, doux son regard et très attentif à la beauté qui ne se lasse pas de le surprendre...
Puis j’enfile de vieilles bottes et je pars au village. Ambiance 1930, tout le monde est à pied, à se faire des courtoisies. Des tas de printemps en réserve... le temps se déploie devant nous comme un tapis blanc infini... Des chapeaux, des bon- nets... on se connaît, se reconnaît... parfois tout juste !
A marcher dans une atmosphère calme qui agrandit les rues. Tout est là, contenu en germe, encore invisible à nos yeux qui ne peuvent peut-être pas tout à fait per- cevoir... sous ces blancs, les choses sont présentes mais n’ont plus leur forme, alors on devine simplement... là, une ... et là un...
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Trauma complexe: Apport de l'Hypnose. Olivier PIEDFORT-MARIN
Dans un article précédent, nous avons présenté les limitations de l’utilisation de l’hypnose avec les patients souffrant de trouble de stress post-traumatique complexe (TSPT-C). Cet article va maintenant présenter les techniques hypnothérapeutiques utiles voire indispensables avec ces patients, en particulier lors de la phase 1 du traitement, phase dédiée à la stabilisation, la réduction des symptômes et l’apprentissage de la régulation des affects. 
Troubles des apprentissages: Mémoire, émotion et neurosciences. Amer SAFIEDDINE
La mémoire est une expérience émotionnelle dans l’espace et le temps. « La seule fois où j’ai vu ma mère pleurer, je mangeais une tarte aux pommes », disait Proust. Ce n’est pas seulement la surprise de voir sa mère pleurer qui interpellait l’auteur, mais le fait de se souvenir qu’il mangeait une tarte aux pommes ce jour- là ! La mémoire, allait-il ajouter, « c’est du temps incorporé », du temps inscrit en nous, dans notre corps.
L'Hypnose en Ophtalmologie. Dr Robert BENHAMOU
En consultation et au bloc. La chirurgie en ophtalmologie est dominée par l’anesthésie topique. Simple, dosable, l’hypnose, cet outil de travail, se doit d’être enseignée. Or si la chirurgie est dans la majeure partie des cas absolument indolore, le symbole et la valeur émotionnelle de l’œil la rendent très anxiogène.
Le ventre, grenier à émotions. Une suggestion. Dr Jean DENIS
Pendant mes quarante ans de pratique de médecine générale, combien j’ai pu entendre de brillants élèves crier leur anxiété par leur ventre, et tous ces adultes à la recherche d’un régime sans gluten, sans lactose, et sans tout pour améliorer leur transit angoissé... 
Infertilité et Hypnose. Concerto pour un bébé. Claire MARIE-RODA
Voici le récit d’une thérapie réussie. Ce récit est une reconstruction après coup d’une thérapie. Et le récit après coup d’une thérapie réussie donne l’impression que tout a été magistralement orchestré par le thérapeute. Or, il n’en est rien.  Dans cette thérapie, c’est la patiente qui a très intelligemment tracé le chemin. Je n’ai fait que la suivre. Le Dr Dominique Megglé, auprès de qui j’ai appris l’hypnose, dit que lorsqu’on relit les notes d’une thérapie réussie, tout s’enchaîne à merveille. 

Note Quatrième selon François Roustang. Sylvie LE PELLETIER-BEAUFOND 
Qu’est-ce que l’hypnose ? interroge François Roustang, une fois les contours de sa vision du monde tracés. Au sein d’une cosmologie alors dessinée se dévoile l’im- portance de l’hypnose, l’hypnose en tant que phénomène universel, l’hypnose qui conduit à réinterroger radicalement l’es- sence de la thérapie. Mais arrêtons-nous sur le phénomène « hypnose ». 
Edito: Autour de la maternité. Dr Véronique WAISBLAT
La maternité nous concerne tous. Les couples à la recherche de l’accouchement idéal, la famille élargie. Et les soignants. La maternité est un moment de confrontation aux rêves, elle se doit d’être joie et bonheur. Pourtant difficultés et souffrances peuvent survenir. C’est là que l’accompagnement par l’hypnose déploie son potentiel. 
Apports de l’hypnose en consultations prénatales. Mélina SINGER
Comment soulager une patiente angoissée qui a des difficultés à supporter certains états de la grossesse comme les nausées, la fatigue, les douleurs ? Que proposer en cas de sciatalgies ou de douleurs ligamentaires ? Répondre à mes patientes que ce qu’elles ressentent est normal ne me satisfaisait pas. 
Hypnose en salle de naissance. Delphine GERMAIN et Dr Véronique WAISBLAT
Sage-femme et anesthésiste ensemble il y a plus de dix ans lors de l’accompagnement de Madame L., nous avons constaté le bénéfice de l’utilisation d’interventions hypnotiques en salle de naissance. L’événement relaté ci-dessous nourrit notre réflexion sur l’amélioration de la vie quotidienne en salle de naissance, mais aussi sur le contraste avec le niveau de preuve scientifique donné par les études contrôlées randomisées. 
Accouchement personnel maison: Sortir des violences obstétricales. Isabelle IGNACE
C’est à partir de son expérience professionnelle et personnelle, qu’Isabelle Ignace témoigne. Je m’appuie sur mon expérience d’animation et de création d’un groupe de préparation à la naissance axé sur l’hypnoanalgésie mis en place dans le cadre de l’Unité d’évaluation et de traitement de la douleur et le Service de gynécologie-obstétrique de l’hôpital Robert-Debré Paris, entre 2008 et 2012, pour présenter l’évolution de mon cheminement en tant que soignante, ainsi que mon expérience en tant que femme ayant fait le choix d’un autre type d’accompagnement que celui de l’hôpital pour mes accouchements. 
Grossesse et accouchement: Communication Hypnotique. Dr Allan CYNA
Les cliniciens impliqués dans la grossesse et l’accouchement focalisent habituellement leur attention sur les avancées technologiques et pharmacologiques, et ils sous-estiment fréquemment l’importance que les patients accordent à la communication. Optimiser la communication améliore la satisfaction des patients, réduit les erreurs, les incompréhensions, la détresse des patients et les mises en cause des soignants pour négligence. 
Trois rituels de guérison. Apaisement avant ou après la naissance. Dr Christelle ROUX
Je suis obstétricienne et hypnopraticienne. Je souhaite consacrer cet article à décrire trois rituels d’aide à l’ancrage corporel que j’aime proposer à mes patientes souffrantes. Il s’agit de séances d’hypnose formelle. La séance est suivie d’un apprentissage du rituel parfois simplifié, afin qu’il puisse être répété quotidiennement de façon autonome : auto-hypnose. 
« Si j’avais su... ».Dr Stefano Colombo, Revue Hypnose et Thérapies brèves 49
Nous voici en plein printemps. La nature se réveille, les rayons du soleil ont repris de la couleur, les oiseaux leur chant et les fleurs nous sourient. Je regarde ma terrasse et je suis terrassé de tristesse : quatre brins d’herbe et un vieux rosier plein de rhumatismes, d’arthrose, tout tordu, dont les branches sont davantage des bouts de bois pour la cheminée que les ambassadeurs d’une verte jeunesse. 
A deux mains dans la neige. Sophie COHEN et Véronique BONNET
La neige fraîche crisse sous les chaussures. Neige blanche, neige chaude dans nos cœurs... Aux pieds, de grosses chaussures, tu sais celles qui me mettent les pieds au chaud, bien à l’abri... celles qui permettent ces longues promenades... Nous, bien accrochés au sol... oui, bien sûr, derrière soi les traces... celles de nos pas... 
Merci, au revoir. Dr Adrian Chaboche
Cher lecteur, Si dans le précédent numéro nous avons pu mettre les pieds dans le vide de l’angoisse phobique afin d’y rechercher de quoi y prendre appui (le traitement de la phobie à considérer comme ce qui nous relie à vivre), c’est pour permettre au thérapeute lui-même d’accepter de se plonger dans l’inconnu.

Hypnose: le pouvoir des odeurs. Dr Dina ROBERTS
Pourquoi ne pas plus utiliser l’odorat en hypnose ? Alors que nous nous appuyons sur les images, les sons, les sensations cénesthésiques, nous délaissons plus sou- vent les odeurs et les goûts (qui dépendent directement de l’odorat). Nous oublions ainsi fréquemment deux de nos cinq sens, alors qu’ils offrent un accès direct à la mémoire et aux émotions et pourraient donc être particulièrement intéressants pour notre pratique. 
Entretien de Martin Wall, Président de European Society of Hypnosis
Interview par Gérard FITOUSSI. Bonjour Martin, pouvez-vous nous parler de votre parcours personnel et professionnel ? Martin Wall : Je suis diplômé en chirurgie dentaire de l’University College de Londres en 1973. J’ai développé une approche globale de la pratique dentaire dans ma ville du Mid Devon. J’exerce maintenant comme maître de conférences et superviseur clinique à l’Université Peninsula de Médecine et Dentisterie.
Couleur Chronique, Jean-Michel Hérin
Compte-rendu par Henri BENSOUSSAN. La première phrase du livre de Jean-Michel Hérin nous dit tout sur le propos de l’auteur : « Ce livre est le reflet instantané de mon cheminement au moment de son écriture, en 2014. » Un peu plus loin, il précise : « Il s’agit simplement d’une réflexion sur la manière dont on observe des expériences, professionnelles ou personnelles, artistiques, des enseignement, des lectures, et dont on les utilise dans la pratique quotidienne. » 
Etre là, sous la direction du Dr Marc Galy
Compte rendu par Sophie COHEN. Marc Galy, anesthésiste utilisant l’hypnose dans sa pratique, réunit douze auteurs venus d’univers différents qui écrivent sur cette thématique. Ce petit livre par son format ne l’est pas dans son contenu. Chacun dans sa spécialité nous amène à explorer sa relation au « présent ». 
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Apports de l’hypnose en consultations prénatales. Mélina SINGER

Formation Hypnose Medicale - vendredi 10 août 2018 - 11:27
Par Mélina SINGER, Sage-femme à la maternité de l’hôpital Dela- fontaine de Saint-Denis (93). Revue Hypnose & Thérapies brèves n°49. Comment soulager une patiente angoissée qui a des difficultés à supporter certains états de la grossesse comme les nausées, la fatigue, les douleurs ? Que proposer en cas de sciatalgies ou de douleurs ligamentaires ?

Répondre à mes patientes que ce qu’elles ressentent est normal ne me satisfaisait pas. Face à cette aide que je trouvais trop pré- caire, je me suis tournée vers l’hypnose.
Les quatre cas cliniques présentés se sont déroulés lors de consultations pré-natales classiques.
INSOMNIES, À PROPOS DE DEUX PATIENTES L’insomnie concerne une grande proportion de femmes enceintes. Ce problème récurrent est constamment abordé en consultation prénatale. Le sommeil est perturbé la nuit et les retentissements sur la qualité de vie la journée et sur le vécu de la grossesse sont une réelle problématique pour ces femmes. Au fur et à mesure de ma pratique de l’hypnose en consultation, je me suis rendu compte des effets positifs de l’hypnose sur le sommeil, et même si le problème initial abordé est autre comme l’anxiété ou la douleur.

Stéphanie me parle de son problème d’insomnie lors du second rendez-vous. Elle dort très peu la nuit, par sessions de quelques minutes. Elle n’arrive pas à se re- poser la journée même si elle présente une hypersomnolence. Elle n’exprime pas d’angoisse particulière. Cette jeune femme de 25 ans est enceinte de son premier enfant, la grossesse se déroule bien. Je lui pro- pose une séance d’hypnose, elle est intéressée. Je n’ai alors commencé ma formation que depuis peu et lui propose ce qui semble à ma portée et dont j’ai connaissance : induction par fixation d’un point, moment agréable à ressentir dans son lieu de sécurité, que nous ne déterminons pas à l’avance. Le moment est fluide, tout se passe facilement et sereinement. Stéphanie communique par des petits gestes du visage. Elle revient tranquillement et semble détendue ; elle est calme et souriante.

Je rencontre Elodie, 28 ans, le lendemain de la consultation de Stéphanie. Elle attend son deuxième enfant. Elle a bénéficié d’une césarienne à terme la première fois pour anomalies du rythme cardiaque fœtal. Elle souffre d’insomnies depuis le début de cette grossesse, accentuées ces dernières semaines. Elle est actuellement à six mois de grossesse. Elle ne ressent pas d’angoisse ni d’autres symptômes particulièrement gênants. Elle se décrit comme hyperactive.

Je lui propose une séance d’hypnose, elle connaît un peu et est intéressée pour en faire le jour même. Influencée par la séance de la veille, je lui propose de fixer un point. Elle met du temps à fermer les yeux et semble contractée. J’ajoute des suggestions d’engourdissement du corps mêlées d’éléments confusionnels sur les sensations kinesthésiques qu’elle peut ressentir : points de contact du corps sur la chaise ou de la chaise sur le corps, légèreté et lourdeur. Elle ouvre plusieurs fois les yeux durant la séance. Je lui propose ensuite de se rendre dans un endroit agréable qu’elle connaît et de profiter des sensations confortables au- tour d’elle. La détente est observable : la respiration est calme, le sourire présent et les muscles du visage se relâchent.
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Trauma complexe: Apport de l'Hypnose. Olivier PIEDFORT-MARIN
Dans un article précédent, nous avons présenté les limitations de l’utilisation de l’hypnose avec les patients souffrant de trouble de stress post-traumatique complexe (TSPT-C). Cet article va maintenant présenter les techniques hypnothérapeutiques utiles voire indispensables avec ces patients, en particulier lors de la phase 1 du traitement, phase dédiée à la stabilisation, la réduction des symptômes et l’apprentissage de la régulation des affects. 


Troubles des apprentissages: Mémoire, émotion et neurosciences. Amer SAFIEDDINE
La mémoire est une expérience émotionnelle dans l’espace et le temps. « La seule fois où j’ai vu ma mère pleurer, je mangeais une tarte aux pommes », disait Proust. Ce n’est pas seulement la surprise de voir sa mère pleurer qui interpellait l’auteur, mais le fait de se souvenir qu’il mangeait une tarte aux pommes ce jour- là ! La mémoire, allait-il ajouter, « c’est du temps incorporé », du temps inscrit en nous, dans notre corps.

L'Hypnose en Ophtalmologie. Dr Robert BENHAMOU
En consultation et au bloc. La chirurgie en ophtalmologie est dominée par l’anesthésie topique. Simple, dosable, l’hypnose, cet outil de travail, se doit d’être enseignée. Or si la chirurgie est dans la majeure partie des cas absolument indolore, le symbole et la valeur émotionnelle de l’œil la rendent très anxiogène.

Le ventre, grenier à émotions. Une suggestion. Dr Jean DENIS
Pendant mes quarante ans de pratique de médecine générale, combien j’ai pu entendre de brillants élèves crier leur anxiété par leur ventre, et tous ces adultes à la recherche d’un régime sans gluten, sans lactose, et sans tout pour améliorer leur transit angoissé... 

Infertilité et Hypnose. Concerto pour un bébé. Claire MARIE-RODA
Voici le récit d’une thérapie réussie. Ce récit est une reconstruction après coup d’une thérapie. Et le récit après coup d’une thérapie réussie donne l’impression que tout a été magistralement orchestré par le thérapeute. Or, il n’en est rien.  Dans cette thérapie, c’est la patiente qui a très intelligemment tracé le chemin. Je n’ai fait que la suivre. Le Dr Dominique Megglé, auprès de qui j’ai appris l’hypnose, dit que lorsqu’on relit les notes d’une thérapie réussie, tout s’enchaîne à merveille. 

Note Quatrième selon François Roustang. Sylvie LE PELLETIER-BEAUFOND 
Qu’est-ce que l’hypnose ? interroge François Roustang, une fois les contours de sa vision du monde tracés. Au sein d’une cosmologie alors dessinée se dévoile l’im- portance de l’hypnose, l’hypnose en tant que phénomène universel, l’hypnose qui conduit à réinterroger radicalement l’es- sence de la thérapie. Mais arrêtons-nous sur le phénomène « hypnose ». 


Edito: Autour de la maternité. Dr Véronique WAISBLAT
La maternité nous concerne tous. Les couples à la recherche de l’accouchement idéal, la famille élargie. Et les soignants. La maternité est un moment de confrontation aux rêves, elle se doit d’être joie et bonheur. Pourtant difficultés et souffrances peuvent survenir. C’est là que l’accompagnement par l’hypnose déploie son potentiel. 


Apports de l’hypnose en consultations prénatales. Mélina SINGER
Comment soulager une patiente angoissée qui a des difficultés à supporter certains états de la grossesse comme les nausées, la fatigue, les douleurs ? Que proposer en cas de sciatalgies ou de douleurs ligamentaires ? Répondre à mes patientes que ce qu’elles ressentent est normal ne me satisfaisait pas. 

Hypnose en salle de naissance. Delphine GERMAIN et Dr Véronique WAISBLAT
Sage-femme et anesthésiste ensemble il y a plus de dix ans lors de l’accompagnement de Madame L., nous avons constaté le bénéfice de l’utilisation d’interventions hypnotiques en salle de naissance. L’événement relaté ci-dessous nourrit notre réflexion sur l’amélioration de la vie quotidienne en salle de naissance, mais aussi sur le contraste avec le niveau de preuve scientifique donné par les études contrôlées randomisées. 

Accouchement personnel maison: Sortir des violences obstétricales. Isabelle IGNACE
C’est à partir de son expérience professionnelle et personnelle, qu’Isabelle Ignace témoigne. Je m’appuie sur mon expérience d’animation et de création d’un groupe de préparation à la naissance axé sur l’hypnoanalgésie mis en place dans le cadre de l’Unité d’évaluation et de traitement de la douleur et le Service de gynécologie-obstétrique de l’hôpital Robert-Debré Paris, entre 2008 et 2012, pour présenter l’évolution de mon cheminement en tant que soignante, ainsi que mon expérience en tant que femme ayant fait le choix d’un autre type d’accompagnement que celui de l’hôpital pour mes accouchements. 

Grossesse et accouchement: Communication Hypnotique. Dr Allan CYNA
Les cliniciens impliqués dans la grossesse et l’accouchement focalisent habituellement leur attention sur les avancées technologiques et pharmacologiques, et ils sous-estiment fréquemment l’importance que les patients accordent à la communication. Optimiser la communication améliore la satisfaction des patients, réduit les erreurs, les incompréhensions, la détresse des patients et les mises en cause des soignants pour négligence. 

Trois rituels de guérison. Apaisement avant ou après la naissance. Dr Christelle ROUX
Je suis obstétricienne et hypnopraticienne. Je souhaite consacrer cet article à décrire trois rituels d’aide à l’ancrage corporel que j’aime proposer à mes patientes souffrantes. Il s’agit de séances d’hypnose formelle. La séance est suivie d’un apprentissage du rituel parfois simplifié, afin qu’il puisse être répété quotidiennement de façon autonome : auto-hypnose. 

« Si j’avais su... ».Dr Stefano Colombo, Revue Hypnose et Thérapies brèves 49
Nous voici en plein printemps. La nature se réveille, les rayons du soleil ont repris de la couleur, les oiseaux leur chant et les fleurs nous sourient. Je regarde ma terrasse et je suis terrassé de tristesse : quatre brins d’herbe et un vieux rosier plein de rhumatismes, d’arthrose, tout tordu, dont les branches sont davantage des bouts de bois pour la cheminée que les ambassadeurs d’une verte jeunesse. 

A deux mains dans la neige. Sophie COHEN et Véronique BONNET
La neige fraîche crisse sous les chaussures. Neige blanche, neige chaude dans nos cœurs... Aux pieds, de grosses chaussures, tu sais celles qui me mettent les pieds au chaud, bien à l’abri... celles qui permettent ces longues promenades... Nous, bien accrochés au sol... oui, bien sûr, derrière soi les traces... celles de nos pas... 


Merci, au revoir. Dr Adrian Chaboche
Cher lecteur, Si dans le précédent numéro nous avons pu mettre les pieds dans le vide de l’angoisse phobique afin d’y rechercher de quoi y prendre appui (le traitement de la phobie à considérer comme ce qui nous relie à vivre), c’est pour permettre au thérapeute lui-même d’accepter de se plonger dans l’inconnu.

Hypnose: le pouvoir des odeurs. Dr Dina ROBERTS
Pourquoi ne pas plus utiliser l’odorat en hypnose ? Alors que nous nous appuyons sur les images, les sons, les sensations cénesthésiques, nous délaissons plus sou- vent les odeurs et les goûts (qui dépendent directement de l’odorat). Nous oublions ainsi fréquemment deux de nos cinq sens, alors qu’ils offrent un accès direct à la mémoire et aux émotions et pourraient donc être particulièrement intéressants pour notre pratique. 

Entretien de Martin Wall, Président de European Society of Hypnosis
Interview par Gérard FITOUSSI. Bonjour Martin, pouvez-vous nous parler de votre parcours personnel et professionnel ? Martin Wall : Je suis diplômé en chirurgie dentaire de l’University College de Londres en 1973. J’ai développé une approche globale de la pratique dentaire dans ma ville du Mid Devon. J’exerce maintenant comme maître de conférences et superviseur clinique à l’Université Peninsula de Médecine et Dentisterie.

Accouchement personnel maison: Sortir des violences obstétricales

Hypnose Ericksonienne - jeudi 9 août 2018 - 09:58
C’est à partir de son expérience professionnelle et personnelle, qu’Isabelle Ignace témoigne. Je m’appuie sur mon expérience d’animation et de création d’un groupe de préparation à la naissance axé sur l’hypnoanalgésie mis en place dans le cadre de l’Unité d’évaluation et de traitement de la douleur et le Service de gynécologie-obstétrique de l’hôpital Robert-Debré Paris, entre 2008 et 2012, pour présenter l’évolution de mon cheminement en tant que soignante, ainsi que mon expérience en tant que femme ayant fait le choix d’un autre type d’accompagnement que celui de l’hôpital pour mes accouchements.

En premier, il y a la fascination de constater à quel point les femmes des groupes pouvaient réussir à utiliser ces outils pour gérer leur accouchement. En deuxième, vient mon désarroi face aux récits de violences obstétricales institutionnelles. Enfin, comment leur témoignage et leur vécu m’ont incitée à accoucher différemment.
HYPNOSE ET PRÉPARATION À L’ACCOUCHEMENT EN MILIEU HOSPITALIER Pendant cinq ans, j’ai animé, avec ma collègue psychologue Eliane Raffet, des groupes d’hypnorelaxation à destination des femmes enceintes. Chaque groupe était composé d’une dizaine de femmes, vues pendant cinq séances de deux heures dès le septième mois de grossesse.
Notre objectif était de leur redonner le sentiment de « contrôler quelque chose » lors de l’accouchement, de leur donner les moyens de traverser ces douleurs autre- ment qu’en les subissant mais plutôt en donnant une autre interprétation de la dou- leur. En résumé, nous voulions les aider à vivre l’accouchement plus sereinement.
Les exercices que nous leur proposions étaient nombreux et variés : respiration et couleurs apaisantes, lieu de res- source, tissu protecteur imaginaire, métaphore du col de l’utérus, métaphore de la tempête, rapprochement des doigts et bulle de tranquillité, technique du poing serré, etc. Nous leur apprenions également des techniques d’autohypnose et d’auto- suggestion permettant de créer des sensations d’analgésie et de dissociation.
EXEMPLE DE TÉMOIGNAGE Svetlana, a suivi le groupe de prépara- tion d’hypno-relaxation à l’hôpital Robert- Debré, quatre séances, et gère sa douleur. Le jour de son accouchement elle arrive aux urgences de la maternité le matin vers 8 heures. Entre 8 heures et 11 h 30, son col se dilate tranquillement jusqu’à 8 centimètres. Elle gère l’accompagnement de ses contractions avec des techniques qu’elle a réinventées : une respiration bruyante qu’elle associe à des images ai- dantes, un monde imaginaire qui lui ap- partient et dans lequel elle se promène avec dextérité. Elle semble même dormir entre chaque contraction. Elle respire, souffle, écoute sa respiration, a un visage détendu. Son mari est là, dans une présence atten- tive et calme. « Elle est courageuse cette femme, dit une soignante. Ah bon, elle a appris des techniques d’autohypnose ? » Cela suscite l’attention. Demande-t-on souvent à des femmes quelles sont leurs ressources, comment elles s’y prennent pour calmer leur corps, se calmer, se poser, rester maître à bord d’elle-même ?
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Trauma complexe: Apport de l'Hypnose. Olivier PIEDFORT-MARIN
Dans un article précédent, nous avons présenté les limitations de l’utilisation de l’hypnose avec les patients souffrant de trouble de stress post-traumatique complexe (TSPT-C). Cet article va maintenant présenter les techniques hypnothérapeutiques utiles voire indispensables avec ces patients, en particulier lors de la phase 1 du traitement, phase dédiée à la stabilisation, la réduction des symptômes et l’apprentissage de la régulation des affects. 
Troubles des apprentissages: Mémoire, émotion et neurosciences. Amer SAFIEDDINE
La mémoire est une expérience émotionnelle dans l’espace et le temps. « La seule fois où j’ai vu ma mère pleurer, je mangeais une tarte aux pommes », disait Proust. Ce n’est pas seulement la surprise de voir sa mère pleurer qui interpellait l’auteur, mais le fait de se souvenir qu’il mangeait une tarte aux pommes ce jour- là ! La mémoire, allait-il ajouter, « c’est du temps incorporé », du temps inscrit en nous, dans notre corps.
L'Hypnose en Ophtalmologie. Dr Robert BENHAMOU
En consultation et au bloc. La chirurgie en ophtalmologie est dominée par l’anesthésie topique. Simple, dosable, l’hypnose, cet outil de travail, se doit d’être enseignée. Or si la chirurgie est dans la majeure partie des cas absolument indolore, le symbole et la valeur émotionnelle de l’œil la rendent très anxiogène.
Le ventre, grenier à émotions. Une suggestion. Dr Jean DENIS
Pendant mes quarante ans de pratique de médecine générale, combien j’ai pu entendre de brillants élèves crier leur anxiété par leur ventre, et tous ces adultes à la recherche d’un régime sans gluten, sans lactose, et sans tout pour améliorer leur transit angoissé... 
Infertilité et Hypnose. Concerto pour un bébé. Claire MARIE-RODA
Voici le récit d’une thérapie réussie. Ce récit est une reconstruction après coup d’une thérapie. Et le récit après coup d’une thérapie réussie donne l’impression que tout a été magistralement orchestré par le thérapeute. Or, il n’en est rien.  Dans cette thérapie, c’est la patiente qui a très intelligemment tracé le chemin. Je n’ai fait que la suivre. Le Dr Dominique Megglé, auprès de qui j’ai appris l’hypnose, dit que lorsqu’on relit les notes d’une thérapie réussie, tout s’enchaîne à merveille. 
Note Quatrième selon François Roustang. Sylvie LE PELLETIER-BEAUFOND 
Qu’est-ce que l’hypnose ? interroge François Roustang, une fois les contours de sa vision du monde tracés. Au sein d’une cosmologie alors dessinée se dévoile l’im- portance de l’hypnose, l’hypnose en tant que phénomène universel, l’hypnose qui conduit à réinterroger radicalement l’es- sence de la thérapie. Mais arrêtons-nous sur le phénomène « hypnose ». 
Edito: Autour de la maternité. Dr Véronique WAISBLAT
La maternité nous concerne tous. Les couples à la recherche de l’accouchement idéal, la famille élargie. Et les soignants. La maternité est un moment de confrontation aux rêves, elle se doit d’être joie et bonheur. Pourtant difficultés et souffrances peuvent survenir. C’est là que l’accompagnement par l’hypnose déploie son potentiel. 
Apports de l’hypnose en consultations prénatales. Mélina SINGER
Comment soulager une patiente angoissée qui a des difficultés à supporter certains états de la grossesse comme les nausées, la fatigue, les douleurs ? Que proposer en cas de sciatalgies ou de douleurs ligamentaires ? Répondre à mes patientes que ce qu’elles ressentent est normal ne me satisfaisait pas. 
Hypnose en salle de naissance. Delphine GERMAIN et Dr Véronique WAISBLAT
Sage-femme et anesthésiste ensemble il y a plus de dix ans lors de l’accompagnement de Madame L., nous avons constaté le bénéfice de l’utilisation d’interventions hypnotiques en salle de naissance. L’événement relaté ci-dessous nourrit notre réflexion sur l’amélioration de la vie quotidienne en salle de naissance, mais aussi sur le contraste avec le niveau de preuve scientifique donné par les études contrôlées randomisées. 
Accouchement personnel maison: Sortir des violences obstétricales. Isabelle IGNACE
C’est à partir de son expérience professionnelle et personnelle, qu’Isabelle Ignace témoigne. Je m’appuie sur mon expérience d’animation et de création d’un groupe de préparation à la naissance axé sur l’hypnoanalgésie mis en place dans le cadre de l’Unité d’évaluation et de traitement de la douleur et le Service de gynécologie-obstétrique de l’hôpital Robert-Debré Paris, entre 2008 et 2012, pour présenter l’évolution de mon cheminement en tant que soignante, ainsi que mon expérience en tant que femme ayant fait le choix d’un autre type d’accompagnement que celui de l’hôpital pour mes accouchements. 

Grossesse et accouchement: Communication Hypnotique. Dr Allan CYNA
Les cliniciens impliqués dans la grossesse et l’accouchement focalisent habituellement leur attention sur les avancées technologiques et pharmacologiques, et ils sous-estiment fréquemment l’importance que les patients accordent à la communication. Optimiser la communication améliore la satisfaction des patients, réduit les erreurs, les incompréhensions, la détresse des patients et les mises en cause des soignants pour négligence. 
Trois rituels de guérison. Apaisement avant ou après la naissance. Dr Christelle ROUX
Je suis obstétricienne et hypnopraticienne. Je souhaite consacrer cet article à décrire trois rituels d’aide à l’ancrage corporel que j’aime proposer à mes patientes souffrantes. Il s’agit de séances d’hypnose formelle. La séance est suivie d’un apprentissage du rituel parfois simplifié, afin qu’il puisse être répété quotidiennement de façon autonome : auto-hypnose. 
« Si j’avais su... ».Dr Stefano Colombo, Revue Hypnose et Thérapies brèves 49
Nous voici en plein printemps. La nature se réveille, les rayons du soleil ont repris de la couleur, les oiseaux leur chant et les fleurs nous sourient. Je regarde ma terrasse et je suis terrassé de tristesse : quatre brins d’herbe et un vieux rosier plein de rhumatismes, d’arthrose, tout tordu, dont les branches sont davantage des bouts de bois pour la cheminée que les ambassadeurs d’une verte jeunesse. 
A deux mains dans la neige. Sophie COHEN et Véronique BONNET
La neige fraîche crisse sous les chaussures. Neige blanche, neige chaude dans nos cœurs... Aux pieds, de grosses chaussures, tu sais celles qui me mettent les pieds au chaud, bien à l’abri... celles qui permettent ces longues promenades... Nous, bien accrochés au sol... oui, bien sûr, derrière soi les traces... celles de nos pas... 
Merci, au revoir. Dr Adrian Chaboche
Cher lecteur, Si dans le précédent numéro nous avons pu mettre les pieds dans le vide de l’angoisse phobique afin d’y rechercher de quoi y prendre appui (le traitement de la phobie à considérer comme ce qui nous relie à vivre), c’est pour permettre au thérapeute lui-même d’accepter de se plonger dans l’inconnu.
Hypnose: le pouvoir des odeurs. Dr Dina ROBERTS
Pourquoi ne pas plus utiliser l’odorat en hypnose ? Alors que nous nous appuyons sur les images, les sons, les sensations cénesthésiques, nous délaissons plus sou- vent les odeurs et les goûts (qui dépendent directement de l’odorat). Nous oublions ainsi fréquemment deux de nos cinq sens, alors qu’ils offrent un accès direct à la mémoire et aux émotions et pourraient donc être particulièrement intéressants pour notre pratique. 
Entretien de Martin Wall, Président de European Society of Hypnosis
Interview par Gérard FITOUSSI. Bonjour Martin, pouvez-vous nous parler de votre parcours personnel et professionnel ? Martin Wall : Je suis diplômé en chirurgie dentaire de l’University College de Londres en 1973. J’ai développé une approche globale de la pratique dentaire dans ma ville du Mid Devon. J’exerce maintenant comme maître de conférences et superviseur clinique à l’Université Peninsula de Médecine et Dentisterie.
Couleur Chronique, Jean-Michel Hérin
Compte-rendu par Henri BENSOUSSAN. La première phrase du livre de Jean-Michel Hérin nous dit tout sur le propos de l’auteur : « Ce livre est le reflet instantané de mon cheminement au moment de son écriture, en 2014. » Un peu plus loin, il précise : « Il s’agit simplement d’une réflexion sur la manière dont on observe des expériences, professionnelles ou personnelles, artistiques, des enseignement, des lectures, et dont on les utilise dans la pratique quotidienne. » 
Etre là, sous la direction du Dr Marc Galy
Compte rendu par Sophie COHEN. Marc Galy, anesthésiste utilisant l’hypnose dans sa pratique, réunit douze auteurs venus d’univers différents qui écrivent sur cette thématique. Ce petit livre par son format ne l’est pas dans son contenu. Chacun dans sa spécialité nous amène à explorer sa relation au « présent ». 

Diffusé par hypnose-ericksonienne.org