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PAVLOV & Hypnose
PAVLOV et l'Hypnose
Un prix Nobel va réhabiliter l'Hypnose, il s'agit de Pavlov.
Son nom reste attaché à la découverte des réflexes conditionnés.
Il va redonner à l'Hypnotisme, droit de cité dans la médecine scientifique, et l'arrache définitivement du domaine de la fantaisie et de la magie.
L'Hypnose est donc une croisée des chemins, elle aboutit à la psychanalyse, à la parapsychologie et à la sophrologie.
FREUD & l'Hypnose
Sigmund FREUD & l'Hypnose

Le courant psychologique l'emportait lentement sur le courant somatique.
Après Nancy, Freud s'en va suivre l'enseignement de Charcot à la Salpétrière.
A son tour, il avait, dans cette admirable appareil de vivisection psychologique, discerné un mécanisme particulier auquel il allait porter son indélébile empreinte : l'ordre, formulé par l'hypnotiseur, s'enfonçait dans le subconscient du patient et y demeurait constitué par un système indépendant sur lequel la conscience du malade n'avait plus de prise.
Arracher ce complexe enfoui, aller plus loin encore dans l'analyse, c'est cette quête qu'enseignera Freud : l'analyse psychique.
De retour à Vienne, Freud reprend la méthode cathartique.
Il fait ainsi revivre, en état d'Hypnose, des scènes oubliées à ses patients, et particulièrement celles qui ont eu une action traumatisante et pathogène.
Mais bientôt, Freud, à son tour, abandonnait l'Hypnose.
En réalité, la technique de l'Hypnose, telle qu'elle était employée par l'école de Nancy avec Bernheim, FREUD la jugeait lassante.
Ce caractère mécanique, stéréotypé, monotone pour le praticien, ne convenait pas à Freud.
A plus forte raison, en était-il revenu de l'école de la Salpétrière.
Mais les succès de la psychanalyse contribuèrent, à leur tour, à faire oublier les résultats thérapeutiques précédemment obtenus par l'hypnotisme.
C'est la France qui avait été la terre d'élection de cette prodigieuse aventure.
C'est en France que toutes ces grandes figures que nous venons d'évoquer avaient pris leur historique dimension.
Les techniques nous reviendrons par la suite de Russie, d'Amérique, d'Espagne, dénommées techniques de X, ou Y suivant leurs auteurs.
CHARCOT et l'Hypnose
CHARCOT (1825-1893) et l'Hypnose

Liébault et l'école de Nancy, Charcot et l'école de la Salpétrière, vont s'affronter aux yeux de toutes les sociétés savantes mondiales de l'époque.
En 1878, Charcot commence ses travaux sur l'Hypnotisme.
En 1882, il présente à l'Académie des Sciences, sa fameuse note, où il écrit les symptômes somatiques fixes de l'Hypnotisme ; "il fallait alors un certain courage pour relever une question mal famée et marcher à l'encontre des préjugés enracinés" et, comme le dit son élève Babinski, Charcot a eu le courage, malgré golibets et critiques qu'il a dédaignés, de réussir dans l'oeuvre qu'il a entreprise; il a fini par faire entrer triomphalement l'Hypnotisme avec lui dans cet Institut qui 30 ans auparavant le condamnait avec autant de dédain et aussi définitivement que le mouvement perpétuel et la quadrature du cercle.
Alors que les magnétiseurs ne pouvaient produire que des faits mal définis, inconstants dans leur apparition, Charcot, qui ne pouvait, lui non plus, définir avec précision, les conditions de cette apparition, décrivait, du moins avec précision, les symptômes qui pouvaient être observés par d'autres expérimentateurs.
Certes, les descriptions étaient précises, mais l'interprétation inexacte.
Tout se passe comme si Charcot s'étaient laissé griser par quelque fantasmagorie, spectacle qui l'entraînait au-delà de la limite ordinaire qu'il s'était fixé. Il a parfaitement observé, mais n'a pas pu juger.Babinski, son élève, portera plus tard un jugement faussé à son tour par une réaction trop vive, et c'est cette double contradiction qui explique le déclin ; en France, de l'oeuvre de Charcot.
Toutes les conditions étaient réunies pour que, tel l'apprenti sorcier, Charcot ne soit plus maître de ce qu'il avait déchaîné.
Il est prodigieux que le hasard seul ait pu jouer un si grand rôle dans la philosophie de l'histoire de l'Hypnotisme, oui le hasard.
Le hasard fit qu'à la Salpétrière, le bâtiment Sainte-Laure se trouva dans un tel état de vétusté que l'administration hospitalière dut le faire évacuer.
Ce bâtiment appartenait au service de psychiatrie. C'est là que se trouvaient hospitalisés, pêle-mêle avec les aliénés, les épileptiques et les hystériques.
L'administration profita de l'évacuation de ce bâtiment pour séparer enfin, d'avec les aliénés, les épileptiques non aliénés et les hystériques, et comme ces deux catégories de malades présentaient des crises convulsives, elle trouva logique de les réunir et de créer pour elles un quartier spécial sous le nom de "quartier des épileptiques simples".
Charcot étant alors le plus ancien des médecins de la Salpétrière, c'est à lui que ce service lui fut confié.C'est ainsi, qu'involontairement, par la force des choses, Charcot se trouva plongé en pleine hystérie.
Et quelle hystérie ! Imaginez la promiscuité qui régnait alors dans les salles du bâtiment, parmi les malades.Un grand nombre de femmes épileptiques entrées à la Salpétrière depuis de longues années, s'y trouvaient hospitalisées ; elles présentaient des fréquentes attaques, car elles éprouvaient une telle horreur des bromures, que presque toutes préféraient subir les atteintes de leur mal, plutôt que de soumettre à une médication quelconque.
A côté d'elles, intimement mêlées à elles, dans les mêmes dortoirs, dans les mêmes réfectoires, dans les mêmes cours, se trouvaient un certain nombre de jeunes filles hystériques dont les familles, lassées de leurs crises, s'étaient empressées de se débarrasser en les faisant interner à la Salpétrière.
Les résultats d'une pareille promiscuité ne pouvait manquer de se faire sentir.
Certes, les attaques des malheureuses épileptiques ne s'en trouvèrent nullement modifiées, mais il en fut tout autrement pour les crises des hystériques.
A vivre ainsi parmi les épileptiques, à les retenir quand elles tombaient, à les soigner quand leur mal les avait projetées à terre, les jeunes hystériques avaient ressenti des impressions telles que, étant donné les tendances mimétiques de leur névrose, elles reproduisaient dans leurs crises tout l'aspect de l'attaque d'épilepsie pure.
Et c'était là, la grande hystérie, l'hystérie de la Salpétrière, comme affectaient de l'appeler les contradicteurs de Charcot.
Il faut bien reconnaître que, pour les raisons qui viennent d'être données à l'instant, ce type spécial de grande hystérie était passablement artificiel.
Charcot, avec son grand sens clinique, avait bien aperçu tout ce que cette fameuse hystéro-épilepsie empruntait au voisinage trop immédiat des épileptiques ; mais il se laissa emporter par sa tendance à classifier les maladies et les syndromes, et en face de symptômes peu consistants, aussi fuyants, il commit l'erreur de vouloir les enfermer dans un cadre nosologique stable et rigide.
Comme si l'on pouvait décrire les crises d'hystérie avec des traits aussi fermes que ceux qui conviennent pour une attaque d'épilepsie ou pour une crise de vertige de Ménière!
Il faut savoir que Charcot n'endormait JAMAIS lui-même ses malades.
Son chef de clinique, ses internes, se chargeaient de ce soin. Les malades passaient de main en main pendant la matinée; l'après-midi, les internes et souvent aussi les externes, répétaient une ou plusieurs fois les expériences de la matinée, sans songer au mal.
Le résultat de toutes ces pratiques est facile à imaginer : à l'insu de Charcot, se produisaient, sur ces malades, une série de suggestions inconscientes aboutissant à un véritable dressage dont il n'avait aucune connaissance.
Et par cela même, toutes ces recherches sur l'Hypnotisme se sont trouvées viciées par la base.
Charcot ne s'est jamais méfié de la suggestion ; il ne s'est jamais aperçu de l'influence désastreuse que les suggestions involontaires peuvent produire dans les expériences d'Hypnotisme ou pendant une observation sur un hystérique.
Loin de prendre la moindre précaution, il parlait sans cesse à voix haute, devant les malades, annonçant ce qui allait se produire et leur faisant littéralement la leçon.
Il n'est pas étonnant que ses adversaires lui aient si souvent reproché que ses hystériques et son grand Hypnotisme étaient un produit de culture.
Pour ceux qui ont vécu quelque peu dans le milieu de la Salpétrière, il est incontestable que ce reproche était fondé.
Cependant dans les dernières années de sa vie, Charcot fut amené progressivement à changer ses idées sur le mécanisme de la production de quelques symptômes hystériques.
Il avait eu l'occasion d'étudier dans son service plusieurs cas de paralysies hystériques survenus à la suite d'un choc, tel que coup ou chute sur l'épaule.
Malgré son esprit de système, il était bon observateur ; il avait bien vu comment ces paralysies hystériques se produisent ; ce n'est pas brusquement et immédiatement après le traumatisme ;
il faut un temps, quelques jours, quelques heures, et pendant ces heures, le malade pense à son accident et en ranime l'idée.
Pour expliquer la paralysie qui s'installe dans ces conditions bien particulières, il jugea qu'on devait recourir à l'hypothèse de la suggestion, ou plutôt de l'auto-suggestion.
BERNHEIM & l'Hypnose
Hippolyte BERNHEIM (1840-1919)
Après avoir étudié de façon très intense avec Liébault, Bernheim qui était professeur de clinique ericksonienne à l'université de Nancy, commence aussi à utiliser la thérapeutique hypnotique et à noter les avantages qu'elle procure.
Plus subtil que Charcot, ayant le sens de l'humour, ne dédaignent pas l'ironie, il n'a aucune disposition d'esprit à être dupe. Au contraire, le premier, il démystifie l'état hypnotique: le premier, "il porte la hacha dans le dogme de l'hystérie".
Il va, en 1882, au-devant d'un médecin sans titre, au-devant de Liébault, pour découvrir l'existence des phénomènes hypnotiques
Cela nous apparaît inimaginable, aujourd'hui, où le mandarinat a sclérosé toutes les initiatives de cette sorte, et où "un officiel investi", de part sa fonction même, à la science infuse, ne traverserait pas le trottoir d'en face pour assister à des expériences non orthodoxes pratiquées par un sans-grade.
Et donc, Il va perfectionner les techniques utilisées par Liébault et créé finalement les bases scientifiques de l'hypnothérapie moderne. Ses travaux vont d'ailleurs marquer la fin du magnétisme animal.
Il faut cependant signaler que Bernheim a substitué à la conception de suggestibilité par le sommeil provoqué de Liébault la conception de suggestibilité normale à l'état de veille.
Pour Liébault, comme pour Faria, la suggestion, c'est-à-dire "l'idée introduite dans le cerveau est, la clef de l'Hypnose". Hypnotisable, ne signifie donc pas, hystérie, ni même névropathe.
"C'est la suggestion qui domine la plupart des manifestations de l'hypnose; les prétendus phénomènes physiques ne sont, suivant moi, que des phénomènes psychiques". C'est sur ces principes que va se former l'école de Nancy. Petit à petit, on remplacera l'hypnose par la suggestion à l'état vigile, voir même l'autosuggestion (la célèbre méthode Coué).
L'Hypnose n'est absolument pas une névropathie spontanée dans un cas, provoquée dans l'autre comme le voulait la Salpétrière. L'école de Nancy va s'opposer à celle de la Salpétrière car Bernheim va reprocher à Charcot de créer artificiellement les grandes crises hystériques.
Pour Bernheim, le sommeil hypnotique n'est absolument pas nécessaire pour obtenir les phénomènes dits Hypnotiques comme l'anesthésie, la contracture, etc ...
Selon lui, tous ces phénomènes peuvent provoqués par simple suggestion à l'état de veille et par conséquent sans sommeil.
Tout est dans la suggestion, et Bernheim affirme catégoriquement : "Les phénomènes de suggestion ne sont pas fonction d'un état magnétique (voir Mesmer), ni d'un état Hypnotique(voir Braid), ni d'un sommeil provoqué (voir Liébault).
Ils sont fonction d'une propriété physiologique du cerveau qui peut être actionnée à l'état de veille, la suggestibilité".
La suggestibilité peut se définir comme l'aptitude du cerveau à recevoir ou évoquer des idées et sa tendance à les réalise, à les transformer en actes.
C'est à partir des travaux de l'école de Nancy, vers 1889, que Freud va être mis sur la voie de ses recherches sur le conflit, la névrose et l'inconscient.
LIEBAULT & l'Hypnose
LIEBAULT et L'Hypnose (1823-1904)
Liébault, est le véritable fondateur de l'école de Nancy.
Dès 1864, le docteur Liébault, commence à s'intéresser à l'Hypnose après avoir eu connaissance des travaux de Braid.
Installé dans la région de Nancy, il se consacre à l'étude de la suggestion hypnotique et fait de la suggestion verbale, le facteur le plus important pour la création de l'état hypnotique.
Liébault commence à affirmer que " tout ce qui a rapport à une "lucidité transcendante" est une mystification".
Pour Liébault, l'action de l'Hypnotiseur et le besoin physiologique de dormir requièrent, toutes deux, les mêmes conditions, et notamment le consentement au sommeil. Comme Braid, il utilise la fixation d'objets, le plus souvent en bois, et rejette plus ou moins les passes magnétiques, réfutant ainsi le magnétisme animal.
En 1866, il publie ses théories dans un livre : "Du sommeil et des états analogues" considéré surtout au point de vue de l'action du moral sur le physique". Mais son livre ne trouvera qu'un seul acheteur ! tout le monde scientifique le rejette.
Liébault substitue à la conception psychophysiologique de l'Hypnose celle du sommeil provoqué par suggestion. Pour lui, la fixation d'un objet ou les passes magnétiques ne sont pas absolument obligatoires." La suggestion, dit-il, est la clé de l'Hypnose".
C'est en 1882 que Bernheim lui rend visite, à lui, le "petit médecin, le sans-grade".
Comme l'a écrit ensuite Bernheim: " Liébault endort par la parole et guérit par la parole ".
En effet, pour Liébault, ce sommeil qui est provoqué par suggestion, est malgré tout nécessaire pour augmenter la suggestibilité du patient et permettre la production de toute une série de phénomènes appelés phénomènes hypnotiques.
S'il est possible de créer, pendant ce sommeil hypnotique, des phénomènes spéciaux, comme des contractures, des paralysies ou autres troubles fonctionnels, il doit être également possible de créer le contraire de ces états pathologiques.On doit reconnaître à Liébault le mérite d'avoir le premier appliqué systématiquement la suggestion en thérapeutique.
A l'état vigile, l'attention est diffuse : elle va d'une sensation à l'autre, elle voltige d'une idée à l'autre : les deux types du sommeil, physiologique ou provoqué profond, ont surtout, en commun, la concentration centrale de l'attention.
La suggestion reste dépendante de l'attention ; elle sera moins essentielle à créer le sommeil Hypnotique qu'à l'utiliser.
Ainsi tout est prêt pour l'arrivée des 2 grands que sont Charcot et Bernheim, qui vont faire basculer la balance en faveur de cette science nouvelle : l'Hypnose, couronnant en quelque sorte l'oeuvre de Braid avant que Babinski, surnommé "le Fossoyeur de l'Hypnose", ne vienne une nouvelle fois tout démolir.
Ce sera un modeste praticien de Nancy, un "petit" qui une fois de plus préparera la voie triomphale de l'Hypnose et de la psychanalyse. Liébault a pressenti la valeur des moyens psychologiques dans la thérapie des maladies que l'on appelle maintenant "psychosomatiques".
James BRAID et l'Hypnose
JAMES BRAID (1795-1860)
"JE VOUS MAGNETISE" disait Mesmer.
"JE VOUS HYPNOTISE" dira Braid.
En novembre 1841, un chirurgien de Manchester, James Braid, assiste aux démonstrations d'un magnétiseur français La Fontaine. Très rapidement, il se laisse convaincre de la véracité des expériences de ce dernier, mais rejette la théorie du fluide et propose une théorie plus physiologique, basée sur la physiologie cérébrale.
Pour Braid, l'Hypnose est un état spécial du système nerveux provoqué par des moyens artificiels permettant de plonger le patient dans un état de sommeil artificiel, mais surtout de l'influencer à des fins curatives par la suggestion.
Il hypnotise ses patients en leur faisant fixer son doigt ou un objet brillant. Son mérite est d'avoir compris qu'hypnotiser, relevait plus d'un Savoir que d'un Pouvoir ; d'un pouvoir quelconque et d'avoir montré toute l'importance de la suggestion verbale.
C'est James Braid qui a introduit la technique de fixation visuelle d'objets comme méthode d'induction hypnotique et qui a créé le terme " d'Hypnotisme ".
Il utilisa l'Hypnose à Londres comme thérapeutique de suggestion et pratiqua même quelques interventions chirurgicales sous analgésie hypnotique.
Marquis de Puysegur et le somnambulisme
LE MARQUIS DE PUYSEGUR (1751-1825) OU LE SOMNAMBULISME
d'artillerie. Il demeure au château de Buzancy, près de Soissons et, comme la plupart des aristocrates de cette époque, possède un cabinet de physique, cabinet dans lequel il passe ses loisirs à magnétiser.
Un jour qu'il magnétise un jeune paysan, qui souffre de légers troubles respiratoires, il a la surprise de constater que celui-ci reste bien éveillé et lucide, répondant à toutes ses questions et obéissant même aux ordre du magnétiseur, et ceci sans pour autant présenter de crise convulsive. Et le patient en sort guéri.
Le marquis de Puységur vient de faire la preuve que les crises convulsives ne sont pas indispensables.
Il montre l'importance du contact verbal entre le magnétiseur et le magnétisé, ouvrant du même coup le conflit qui oppose encore de nos jours les tenants des théories physiologiques à ceux des théories psychologiques.
Mesmer connaissait lui aussi ce contact verbal, mais en physiologiste convaincu, il ne voulut pas s'y arrêter, taxant d'imaginaire toute explication de caractère psychologique.
Si pour certains Mesmer peut être considéré comme l'initiateur du magnétisme, le marquis de Puységur doit en être regardé comme le fondateur.
C'est lui qui a démontré l'importance du sommeil magnétique, encore appelé somnambulique, au cours duquel le patient reste en relation avec le magnétiseur et peut ainsi se laisser suggestionner.
Pour Puységur, le véritable agent curatif est la volonté du magnétiseur.
Il semble que ce soit beaucoup plus un phénomène naturel de lassitude pour un sujet brûlant mais passé de mode, qu'un nouvel arrêt de l'Académie de Médecine qui va annoncer la désaffection pour Puységur et le discrédit pour les magnétiseurs.
Mais n'est ce pas la destinée des baquets que de retourner à leur lessive première !!
LE CREUX DE LA VAGUE
De 1789 à 1819, 30 années vont s'écouler très creuses pour l'Hypnose.
Cependant, le mouvement s'étend à l'étranger, particulièrement en Amérique.
Mais c'est en Angleterre que l'homme surgira, qui va secouer les oripeaux inutiles qui cachaient et falsifiaient la pureté phénoménologique.
Abbé Faria
L'ABBE FARIA (1750-1818)
Un étrange personnage que cet abbé. Prêtre portugais se disant brahmane et venant des Indes, l'abbé Faria (qui a donné naissance à un des personnage du roman d'Alexandre Dumas : le comte de Monté-Christo), parle également de "sommeil lucide".
Il magnétise ses sujets en leur ordonnant brusquement : DORMEZ !
Il prétend que le sommeil magnétique dépend non du magnétiseur mais du patient lui-même.
Il rejette tout à la fois les théories de Mesmer, c'est-à-dire l'existence d'un fluide, et de Puységur, c'est-à-dire l'action de la volonté; il ouvre une autre voie à l'hypnose.
Bernheim dit de lui : "L'Abbé Faria, a eu le mérite incontestable d'avoir le premier établi la doctirne de la méthode de l'hypnose par la suggestion, et de l'avoir nettement dégagée des pratiques singulières et inutiles qui cachaient la vérité".
Franz Anton Mesmer

MESMER, naît à SOUABE, en 1734 près du lac de Constance, en Allemagne. Il débute ses études secondaires par des études de théologie. Puis il passe en 1766 son doctorat de médecine en présentant une thèse sur "l'influence des planètes sur les maladies humaines" à 32 ans.
Puis la destinée de MESMER va se construire comme un roman balzacien. Il épouse tout d'abord la veuve, d'un âge certain, mais d'une fortune beaucoup plus certaine encore, d'un Conseiller à la Cour. Il est à l'aise dans l'opulence dorée du palais de Feu Monsieur le Conseiller. Ce mariage va lui permettre de s'introduire à la cour d'Autriche.
En 1774, Mesmer rencontre le père Hell, jésuite et professeur d'astrologie, qui guérissait les malades au moyen de fers aimantés. Et Mesmer va emprunter cette technique des fers aimantés.
Sa réputation va grandir en même temps que se lève l'armée des envieux. Certains disaient de lui : "Quelque fois il se met au lit avec ses malades pour accélérer l'influence".
MESMER fut expulsé de la faculté de médecine de Vienne pour " pratiques charlatanesques ", il abandonne tout, sa femme, sa clinique, et s'enfuit à Paris. Il rencontre alors le Dr Derban, qui est régent de la faculté et 1er médecin du comte d'Artois. Avec lui, il commence à traiter les malades qui affluent.
Aussi met-il au point un système qui permet de traiter plus de 30 malades à la fois.
Mesmer n'ayant jamais voulu entrer dans la description des ses procédés, voici comment les témoins, dont Puységur, décrivent ces séances:
"Au milieu d'une grande salle, se trouvait "l'Instrument" ; un véritable baquet en bon bois de chêne, d'une hauteur de 50cm.
Et dans ce baquet, de l'eau.
Et dans l'eau, trempait du verre pilé, de la limaille et d'autres ingrédients en tout genre.
Un couvercle percé de trous recouvre le tout ; de ces trous sortent des branches de fer coudés et mobiles.
Dans cette pièce, il existe 4 baquets dont l'un, un peu à l'écart, est gratuit : il est réservé aux pauvres et aux indigents, et donne de moins bons résultats que les autres.
Dans un coin de la salle, un pianiste joue de préférence du Mozart et parfois des chants voilés et douloureux.
De lourds rideaux ne laissent pénétrer qu'une lumière tamisée.
Les malades silencieux, attendent, installés sur plusieurs rangs, autour d'un baquet qui occupe toute leur attention, et tout l'espace.
Chacun tient une des tiges de fer qui sort du couvercle et l'applique sur la région malade.
Une corde passée autour du corps unit les patients entre eux.
Le magnétiseur passe autour des patients en les fixant dans les yeux, promène devant, ou sur eux, sa baguette ou sa main.
Quel rituel sacré ! Tous sont soumis au magnétiseur.
"Le maître de cette foule, lit-on à l'époque, était ici Mesmer vêtu d'un habit de soie couleur lilas, promenant sa baguette avec une autorité souveraine.
Il faut savoir que les salles où ces scènes se passaient, avaient reçu le nom d'" Enfer à Convulsions ".
Alors, très vite, le baquet fait fureur dans la haute société.
Mais à partir de 1784, apparaissent alors les premiers démêlés avec l'Académie des Sciences et la Société Royale de Médecine. Dans le rapport des commissaires chargés par le roi de l'examen du magnétisme animal, on lit :
"L'imagination sans magnétisme produit des convulsions...Le magnétisme sans l'imagination ne produit rien."
Le rapport est signé entre autre par B.Franklin, Guillotin, Lavoisier et l'astronome Bailly.
Après la condamnation du Mesmérisme par le rapport que cependant Jussieu ( à 30 ans, premier botaniste du monde ) avait refusé de signer, Mesmer retourne en Allemagne.
Là un nouvel échec contribue à ébranler la foi qu'il avait en lui : en effet, il n'arrive pas à influencer le Prince Henri de Prusse.
Après une brève tentative à Londres, il retourne une dernière fois dans son pays, et meurt, quasiment oublié de tous à Meersbourg en 1815, à quelques kilomètres de l'endroit ou il est né, près du lac de Constance.
Si nous nous sommes un peu attardés sur la vie de MESMER, sur sa destinée, c'est qu'elle essentielle si on veut comprendre ce qu'est l'Hypnose.
MESMER était-il un charlatan ou génie? On n'a pas fini d'épiloguer.
On peut synthétiser la pensée de Mesmer en disant que pour lui certains individus possèdent la capacité d'influencer d'autres individus grâce à l'existence d'un fluide qu'il baptise le "fluide animal".
A partir de Mesmer, 3 grands mouvements vont se développer:
1/Le Fluidisme : ce mouvement croit en l'existence d'un fluide utilisable pour influencer le patient et provoquer ainsi un état spécial permettant une action thérapeutique.
C'est pourquoi, de nos jours encore, certains hypnotiseurs ou magnétiseurs utilisent passes et manipulations comme à l'époque de Mesmer.
2/Le mouvement Neurophysiologique, avec l'anglais Braid et le français Charcot, qui rejette l'idée de fluide et qui, s'appuyant sur la neurophysiologie, croit en l'existence de modifications fonctionnelles du cerveau provoquées par des moyens artificiels, plus particulièrement par la parole, permettant ainsi une action curative due à la suggestion et aux modifications fonctionnelles de l'organisme qui les subit.
3/Le mouvement Physiologique, avec Puységur et les scientifiques Liébault, Bernheim et Janet, qui rejette également la notion de fluide et insiste sur la suggestibilité et les modifications physiologiques qu'entraîne la suggestion.
Ces deux derniers mouvements, qui ne s'opposent d'ailleurs pas, sont à la base de toutes nos recherches modernes sur l'Hypnose.
Histoire de l'Hypnose
Peu de sujets ont déchaînés autant de passions et de controverses que l'Hypnose.
Cela tient non seulement à sa situation, au point de rencontre entre le psychique et l'organique, mais aussi, comme l'écrit l'hypnothérapeute CHERTOK, à diverses raisons parmi lesquelles l'instabilité du phénomène hypnotique, sa subjectivité, l'inconstance de ses résultats, la relation Hypnotiseur - Hypnotisé et, surtout, l'absence de critères objectifs. Mais pour nous aujourd'hui...
l'Hypnose n'est pas un Pouvoir,
l'Hypnose est un Savoir.
LES PRECURSEURS DE L'HYPNOSE.
S'il est vrai que l'on rencontre le phénomène hypnotique dans les techniques millénaires du yoga ou les techniques de méditation orientales, il est généralement admis par la plus part des auteurs que l'histoire officielle et scientifique de l'Hypnose commence au XVIII°sciècle avec Franz Anton MESMER et le magnétisme animal.lol